Les liens diplomatiques ne sont toujours pas rétablis entre Ottawa et Téhéran, ce qui n'empêche pas certaines compagnies canadiennes d'entreprendre des relations commerciales avec l'Iran. Radio-Canada a appris que depuis la levée d'une partie des sanctions économiques en février 2016, 30 permis d'exportation ont été accordés à des entreprises canadiennes pour faire affaire en Iran.

Un texte de Raphaël Bouvier-Auclair 

Chaque semaine, de cinq à sept demandes sont formulées au gouvernement fédéral par des entrepreneurs canadiens qui sont à la recherche d'informations pour percer le marché iranien.

Selon des renseignements obtenus grâce à la Loi sur l'accès à l'information, les secteurs dans lesquels ces entreprises exercent leurs activités sont variés. Ainsi, des entreprises liées aux secteurs du pétrole et du gaz, du transport, de la pharmacologie, de la construction, de l'aérospatiale et de l'agriculture se sont renseignées auprès des autorités fédérales au cours de la dernière année.

L'Iran a accusé beaucoup de retard dans ses différents investissements, on n'a qu'à penser au parc immobilier, au parc industriel.

Guillaum Dubreuil, de la Chambre de commerce du Canada

 

 

En février 2016, le gouvernement Trudeau a annoncé la levée d'une partie des sanctions économiques, ce qui facilite le commerce.

Certains produits sont toujours strictement contrôlés et leur exportation doit être approuvée par des licences.

À ce jour, 30 permis d'exportation vers la République islamique ont été accordés. Le bureau du ministre du Commerce international affirme qu'il s'agit de biens de nature non stratégique. Il précise que cela concerne surtout des produits provenant des États-Unis, pour lesquels des approbations sont toujours nécessaires.

Certains produits contrôlés nécessitant toujours un permis :

  • Certains produits du bois (bois d'oeuvre, bois à pâte)
  • Marchandises d'origine américaine
  • Matériel à double usage nucléaire

 

Un marché complexe et difficile d'accès

Si l'intérêt pour le marché iranien est en croissance, le nombre de projets qui vont de l'avant demeure modeste. En plus de certaines sanctions toujours en place, il est difficile d'effectuer des transferts bancaires.

Selon Thomas Juneau, professeur adjoint à l'Université d'Ottawa, le contexte géopolitique n'a rien pour rassurer les potentiels investisseurs.

Il y a une crainte de la part des investisseurs étrangers d'un retour des sanctions cette année ou l'an prochain s'il y a un regain de tensions entre les États-Unis et l'Iran, ce qui n'est pas impossible avec l'administration Trump.

Thomas Juneau, professeur adjoint à l'Université d'Ottawa

Ambassade inoccupée

Depuis 2012, l'ambassade canadienne à Téhéran est vide. Le gouvernement Trudeau s'est engagé à rétablir les liens diplomatiques, mais aucune échéance n'a été fixée par Ottawa.

La Chambre de commerce du Canada souhaiterait que d'ici la réouverture d'une ambassade, Ottawa se dote de représentants sur le terrain pour aider à développer la relation d'affaires.

D'avoir des délégués commerciaux sur le terrain directement, on a vraiment quelqu'un qui devient expert sur le terrain qui est capable de conseiller les entreprises.

Guillaum Dubreuil, de la Chambre de commerce du Canada

GUILLAUM DUBREUIL, DE LA CHAMBRE DE COMMERCE DU CANADA