Consécutivement à la triomphe de l'armée syrienne à Alep, les milieux politiques en Israël en appellent au Conseil de sécurité et à l'ONU pour empêcher cette avancée majeure.

En Syrie, Tel-Aviv a perdu son double pari: éloigner Assad du pouvoir ou alors le faire fléchir. Citée par le journal Yediot Aharonot, une source militaire israélienne reconnaît la nette avancée sur le plan stratégique que constitue la reprise d'Alep, une avancée qui "renforcera le gouvernement Assad dans la mesure où Alep vient allonger la liste des provinces importantes que contrôle désormais l'Etat syrien et que sont Damas, Hama et Homs".

Le journal s'alarme de ce qu'il qualifie d'embrasement prochain de Deraa, région limitrophe du Golan dans le sud de la Syrie: " Si les forces syriennes se dirigent vers Deraa, ce qui est dans l'état actuel des choses très probable, cela signifierait que le Hezbollah et l'Iran s'approchent encore des frontières israéliennes, ce qui présente une menace d'envergure pour la sécurité d'Israël."

Alex Fishman, analyste des questions militaires au Yediot Aharonot, évoque de son côté le rôle de la Russie dans la bataille pour la libération d'Alep: " La reprise d'Alep a une nouvelle fois prouvé que la Russie joue un rôle déterminant en Syrie et qu'à l'opposé des États-Unis, elle n'a pas l'habitude de lâcher ses alliés en cours de route." 

La crainte provoquée par la libération d'Alep en Israël est si grande que le ministre israélien de l'Intérieur et président du parti extrémiste Shas, Aryé Dery, a demandé à Netanyahu de convoquer une réunion urgente du Conseil de sécurité pour "contrer " ce qu'il a qualifié de "massacre des habitants d'Alep". 

La libération d'Alep des mains des terroristes takfiristes affaiblira ces derniers dans le sud syrien où Israël les appuie largement dans leurs attaques contre l'armée syrienne et ses alliés.