Le déploiement du porte-avions américain USS Carl Vinson et de sa flotte au large de la péninsule coréenne dans le Pacifique Occidental suscite une grande inquiétude concernant une éventuelle réaction de la part de la Corée du Nord. La manœuvre américaine, perçue comme une provocation contre la RPDC et une menace à sa sécurité, a été décidée par Donald Trump immédiatement après la frappe aérienne contre une base de l'armée syrienne.

D'après le nouveau Secrétaire d'Etat américain, les Etats-Unis voudraient provoquer une guerre avec la Corée du Nord. Rex Tillerson a, en effet, déclaré que les frappes aériennes de l'armée américaine contre la Syrie sont «un avertissement lancé aux autres nations, la Corée du Nord notamment». La veille, un porte-parole du ministère des Affaires étrangères de la RPDC avait anticipé sur l’«avertissement» américain en déclarant que «certaines forces clament que la récente attaque des Etats-Unis contre la Syrie est un avertissement à notre encontre, mais cela ne nous fait pas peur». Il a fait savoir que la Corée du Nord n'était pas effrayée par ce bombardement.

Le groupe aéronaval américain, qui se compose du porte-avions Carl Vinson de classe Nimitz, son escadron aérien, un destroyer lance-missiles et un croiseur lanceur de missiles, a déjà participé à de nombreux exercices avec la marine sud-coréenne au cours des trois derniers mois. L’armée américaine semble prête pour lancer des frappes soudaines contre la RPDC, comme elle l’a fait contre la Syrie, en mettant en avant le concept fabriqué sur mesure de «l'intérêt vital» des Etats-Unis qui passe, selon une logique propre aux responsables du Pentagone, avant le droit international. Il est évident que les Etats-Unis menacent Pyongyang d'une guerre. Dernièrement, avant l’attaque contre la Syrie, Tillerson avait annoncé que «l'usage de la force militaire à l'encontre de la Corée du Nord était une possibilité évoquée».

Mais il s’agit ici de la Corée du Nord, un pays qui dispose de forces nucléaires, justifiées, selon ses dirigeants, par la nécessité de «protéger notre dignité, notre droit d’exister et la véritable paix de la menace croissante américaine d’une guerre nucléaire». La RPDC sait que les Etats-Unis se préparent à des opérations spéciales destinées à décapiter sa direction et à détruire ses installations de missiles nucléaires et balistiques. Elle n’a pas caché sa détermination à mener des attaques préventives sans avertissement dès qu'elle jugera le moment approprié.

L’aventure militaire américaine dans la péninsule coréenne rappelle la sale guerre menée contre le Vietnam dans les années 1960, qui s’est terminée par une cuisante défaite pour les Etats-Unis. Le tribunal international des crimes de guerre au Vietnam, créé en 1966 par le philosophe britannique Bertrand Russel, avait reconnu les Etats-Unis coupables d’agression contre le Vietnam. Il y a trois ans, dans ses conclusions sur cette guerre, le tribunal Russel a confirmé que «les Etats-Unis aspiraient à dominer la région». Cette ambition démesurée n’a pas disparu et nourrit aujourd’hui chez les dirigeants américains la tentation de refaire une autre «guerre du Vietnam».

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