Les membres d’une famille de Syriens installés à Québec depuis plus d’un an appuient l’offensive militaire du président américain Donald Trump contre une base militaire de leur pays d’origine.

«Ma première réaction était d’être contente, parce que ça va peut-être arrêter le régime de Bachar al-Assad. Ça fait sept ans que nous sommes en guerre et personne ne fait rien. Là, au moins, il se passe quelque chose. S’il tue des gens, il sait qu’il va y avoir une réponse», explique Marwa Rifai, une réfugiée syrienne de 30 ans arrivée en février 2016.

Dans les jours précédents, les attaques aux armes chimiques contre des civils innocents, dont de nombreux enfants, avaient soulevé la colère des siens.

Au Québec, bien peu de réfugiés syriens acceptent de parler de politique, de crainte que leurs proches toujours là-bas subissent des représailles.

«Je veux m’exprimer. Je me sens forte dans ce pays, ici, qui me donne la liberté d’expression. Les Syriens à qui j’ai parlé sont contents. Nous sommes favorables aux frappes américaines, mais sur des cibles militaires», ajoute Marwa, séparée de ses trois enfants restés en Syrie auprès de leur père qui a obtenu la garde exclusive.

De l’espoir

Remariée au Québec, Marwa est à nouveau enceinte et elle devrait accoucher au cours de l’été à venir. Alors que son français s’améliore, elle travaille actuellement dans un restaurant.

Selim, son frère aîné, a été arrêté en 2012 par la police politique fidèle au régime syrien. Il n’est jamais réapparu.

Adnane, le père de Marwa, a déjà été torturé avant d’aboutir au Canada. Ce dernier a dit vendredi souhaiter que les frappes se poursuivent. «Au Canada, nous sommes des êtres humains», ajoute le paternel.

Sa famille croit-elle au départ éventuel du président Bachar al-Assad?

«C’est ce qu’on espère. On prie chaque jour pour ça», termine Marwa.

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