Trois semaines avant de quitter ses fonctions, le chef de la diplomatie américaine lance une diatribe contre "la menace pour la paix" que constitue la politique israélienne. Et attise la colère de Nétanyahou.

John Kerry a réaffirmé que la solution à deux Etats était «la seule voie possible pour obtenir une paix juste et durable entre Israéliens et Palestiniens».

John Kerry a accusé Israël d'avoir engagé «un projet exhaustif» pour s'approprier des terres en Cisjordanie. «Une tendance indique de vastes efforts pour faire passer les terres palestiniennes en Israël et y empêcher tout développement des Palestiniens», a-t-il affirmé.

Les colons "décident de l'avenir d'Israël"

"Mais il y a une réalité fondamentale : si le choix est celui d'un seul Etat, Israël peut être soit Juif soit démocratique - il ne peut pas être les deux - et il ne sera jamais vraiment en paix", nuance John Kerry. "Comment Israël peut-il concilier son occupation perpétuelle avec ses idéaux démocratiques ?"

"Reste fort Israël"

Cité par un communiqué de son bureau, le Premier ministre israélien Benjamin Nétanyahou, en revanche, a rapidement dénoncé un "discours biaisé", accusant John Kerry d'être "obsédé" par la question des colonies.

"Comme la résolution du Conseil de sécurité que le secrétaire d'Etat a fait avancer à l'ONU, son discours de ce soir était biaisé contre Israël", déclare le chef du gouvernement israélien. "Pendant plus d'une heure, il a traité de manière obsessionnelle des colonies et a à peine évoqué la racine du conflit à savoir l'opposition palestinienne à un Etat juif et ce quelles que soient ses frontières".

Donald Trump a envoyé un message sur Twitter mercredi 28 décembre, quelques heures avant un discours du secrétaire d'Etat américain sortant John Kerry sur le Proche Orient. Un message adressé à Israël : « Soyez forts, le 20 janvier arrive à grand pas », a indiqué le président élu, qui entrera en fonctions à cette date, alors que l'administration Obama fait actuellement de la question palestinienne son baroute d'honneur.

Notre interview avec Gilad Atzmon: 

"Le lobby israélien domine les affaires étrangères américaines, britanniques et françaises"