Le président des Etats-Unis a reconnu que sa stratégie en Syrie n'avait pas porté ses fruits. Son successeur, Donald Trump, entend mener une toute autre politique sur le dossier syrien, promettant de mettre fin au soutien de Washington aux rebelles.

Dans sa toute première conférence de presse, seul, depuis l'élection de son successeur, le président américain sortant Barack Obama a affirmé lundi que les Etats-Unis devaient rester "un phare de l'espérance". 

Il a appelé Donald Trump à "tendre la main" aux Américains qui se sentent déçus et inquiets après sa victoire surprise, au terme d'une campagne présidentielle à la virulence inédite.

"Je lui ai dit, comme je l'ai dit publiquement, que compte tenu de la nature de cette campagne et de l'amertume et de la férocité de cette campagne, il était vraiment important de tenter d'envoyer certains signaux d'unité. Et de tendre la main aux minorités, aux femmes et aux autres qui sont inquiets face au ton de la campagne", a expliqué Barack Obama.

Mais l'une priorités du prochain président est de réconcilier les Etats-Unis avec la Russie du président Vladimir Poutine, après des années de froid en raison des crises en Ukraine et en Syrie.

La Syrie se trouve actuellement dans une situation «bien plus confuse» que la Libye, a regretté le chef d'Etat, qui laissera sa place à Donald Trump en janvier prochain. Pourtant, a-t-il assuré, Washington a «mené tous les efforts possibles pour essayer d'obtenir une résolution politique du conflit syrien. [Le Secrétaire d'Etat] John Kerry a passé un temps incommensurable à négocier avec les Russes et les Iraniens». Le locataire de la Maison Blanche a néanmoins refusé de céder au désespoir, assurant que son gouvernement continuerait à chercher une formule qui permettrait de mettre un terme aux souffrances du peuple syrien.

Alors que Barack Obama a admis le fiasco de sa politique syrienne, notamment basée sur le soutien armé aux forces rebelles, son futur successeur Donald Trump s'est engagé à entreprendre un tournant radical à ce sujet : le Républicain a en effet réitéré, il y a quelques jours, son intention de mettre fin au soutien américain aux groupes rebelles. Une alliance de Washington avec Damas et Moscou sur le dossier syrien, a-t-il déclaré, serait en effet une option préférable dans l'optique de défaire les djihadistes de l'Etat islamique et de progresser vers une fin du conflit. 

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