Seuls 175 des 17 000 officiers de police écossais proviennent d'une minorité. Pour attirer plus de femmes musulmanes dans ses rangs et mieux refléter la nouvelle diversité ethnique de la population, la police a ajouté un hijab à son uniforme.

Une petite touche de tolérance qui change tout et fait la différence criante avec la chasse aux sorcières à la française menée contre le hijab, passionnelle jusqu’à la déraison, populiste jusqu’à la démagogie de caniveau, et inflammable jusqu’à la désagrégation de la cohésion sociale.

Alors que l’islamophobie institutionnelle, bien de chez nous, a atteint son paroxysme en pleine transhumance estivale, elle est loin d’avoir fait tache d’huile au pays du chardon, où l’ajout officiel du hijab à la tenue des policières musulmanes a été applaudi des deux mains par l’Association écossaise de police musulmane (SPMA), connue pour tisser des liens entre les communautés musulmanes écossaises et les forces de l'ordre.

Fahad Bashir, président du SPMA, a été le premier à se réjouir de cette «  étape positive qui va dans la bonne direction. Je suis ravi que la police d’Ecosse oeuvre dans le même sens que notre organisation qui ne cesse de créer des passerelles et de les consolider », a-t-il déclaré en conférence de presse.

A l’unisson de Fahad Bashir, le chef de la police, Phil Gormley, s’est félicité de cette décision qui vise à favoriser la diversité au sein de la grande institution policière, et notamment l’intégration des femmes musulmanes voilées dans ses rangs.

Où est-il passé le temps où nos étés étaient bercés par le doux chant des cigales dans une France qui, attachée à ses valeurs cardinales, n’avait pas encore succombé au chant strident des sirènes du nationalisme et à la stigmatisation déshonorante d’une frange de sa population ?

Cette annonce de l'ajout de l'hijab en Ecosse arrive 15 ans après que la Police Métropolitaine de Londres a accordé la permission à ses officières de le porter. Cependant, la diversité du corps policier de l'Angleterre n'offre pas un meilleur reflet de sa population, puisque les dernières statistiques montrent une forte surreprésentation des officiers blancs, en opposition à une sous-représentation de tous les groupes minoritaires.   

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