Confronté à un scandale de pédophilie et d’agressions sexuelles dans son diocèse de Lyon, le cardinal Philippe Barbarin a reconnu «des erreurs dans la gestion et la nomination de certains prêtres» à l’issue d’une réunion du clergé lyonnais sur le sujet, lundi 25 avril.

«Il est apparu que, dans la connaissance de certains faits, on n’avait pas tous les éléments. Nous avons manqué à nos obligations d’investigation, de recherche de la vérité», a souligné Yves Baumgarten, vicaire général modérateur du diocèse, lors d’une conférence de presse à l’évêché.

Interrogé sur d’éventuels appels à la démission du cardinal, le vicaire a répondu que certains prêtres souhaitaient une mise en retrait le temps des enquêtes judiciaires, mais que la grande majorité d’entre eux était favorable à la poursuite de la mission de l’archevêque.

Cellule d’écoute et collège d’experts

Deux cent vingt prêtres ont participé à cette réunion à huis clos, au cours de laquelle une victime du père Preynat, mis en examen fin janvier pour des agressions sexuelles sur des scouts il y a plus de vingt - cinq ans, est venue apporter son témoignage.

Le diocèse a annoncé la mise en place d’une cellule d’écoute et d’un collège d’experts, déclinaison locale d’une série de mesures lancées mi - avril par l’Eglise catholique de France afin de faire la lumière sur la pédophilie dans ses rangs, y compris sur les faits les plus anciens.

Ce collège composé d’un magistrat, d’un psychiatre, d’une psychanalyste, d’un médecin, d’un canoniste, d’une assistante sociale, d’un père et d’une mère de famille ainsi que du vicaire général modérateur, va «étudier et analyser le cas de certains prêtres dont la situation est problématique au regard de leur activité pastorale, de la loi civile ou canonique dans le domaine affectif et sexuel». Ce collège rendra ses avis le 30 juin. Faire «la lumière»

Philippe Barbarin est visé par plusieurs plaintes pour non - dénonciation d’agressions sexuelles, la plupart en marge de l’affaire du père Preynat. Cinq autres affaires d’agressions sexuelles ou de pédophilie ayant un lien avec le diocèse de Lyon ont émergé depuis, en cours d’enquête ou déjà jugées dans le passé. Et d’autres cas ont été signalés en Guyane et dans le Loiret, signe que les langues se délient après les révélations lyonnaises.

M. Barbarin, lui, nie vigoureusement avoir couvert de tels faits. Mais face au scandale, l’Eglise catholique de France, dont la réponse a souvent été jugée trop tiède et les déclarations maladroites, vient d’annoncer une série de mesures, dont la création de cellules d’écoute locales pour les victimes et la mise en place d’une commission d’expertise indépendante pour faire «la lumière» sur la pédophilie dans ses rangs.