Quatre mosquées radicales fermées hier en région parisienne. Elles s’ajoutent à la vingtaine fermées depuis les attentats du 13 novembre et pour le gouvernement, «il y en aura d’autres». Pourtant, le Conseil Français du Culte Musulman estime que la fermeture des mosquées n'est pas une mesure efficace.

La France continue sa lutte contre la radicalisation par tous les moyens: quatre mosquées considérées comme radicales en moins en région parisienne, plus précisément dans les Yvelines, la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne. La fermeture a été prononcée par les autorités qui ont précisé que certains parmi des anciens fidèles sont liés directement au djihad et sont soupçonnées des liens avec le terrorisme.

Quelque 2 500 mosquées et salles de prière se trouvent en France, dont environ 120 sont considérées comme diffusant une idéologie fondamentaliste salafiste. Parmi les 120, Manuels Valls a proposé de fermer celles qui propagent les messages de haine, de violence et allant à l'encontre des valeurs de la République. Les quatre lieux de culte fermés mercredi s'ajoutent à « la vingtaine » dont Bernard Cazeneuve parlait en août dernier. Hier, la décision de fermeture a suscité la colère de quelques fidèles, notamment dans les Yvelines. Les représentants du Conseil Français du Culte Musulman, en déplacement à Rome, ont été informés de cette décision. Comme le précise Abdallah Zekri, secrétaire général du CFCM, ils ne connaissent pas encore les véritables raisons de ces fermetures:« On nous a dit que ces mosquées ont été fermées sur proposition des préfets. Il y a des enquêtes, les préfets ont demandé leur fermeture, ça a été fermé. Donc on sait pas exactement les raisons. […]une mosquée peut être fermée si le discours qui se pratique à l'intérieur par l'imam ou par l'association, est un discours de haine ou un discours de violence ou un discours de non-reconnaissance des valeurs de la République, c'est une raison; si c'est un discours intégriste ou salafiste ou alors très fort qui remet en cause les valeurs de la République ou qui considère que l'islam est plus important que la loi du pays, ça peut être fermé mais les détails concernant la fermeture on les a pas entièrement ».

Quasiment toutes les mosquées fermées depuis les attentats du 13 novembre ont été surveillées par les services d'État à cause de l'orientation salafiste de leurs imams. Et les quatre dernières ne font pas exception. Le CFCM de son côté surveille également les mosquées en France, mais il est incapable d'être responsable de chaque musulman, explique Abdallah Zekri:

« Oui on fait attention par rapport d'abord aux imams, leurs discussions, également c'est au président de l'association qui gère les mosquées, s'il y a un imam par exemple qui donne des discours qui ne sont pas conformes, on nous informe, […]nous, notre rôle c'est dans le déplacement dans les mosquées ou dans les conseils régionaux, qu'on doit c veiller à ce que l'imam ne tienne pas de discours de haine ou d'appeler à la violence, que le président de l'association passe pas des déclarations qui vont à l'encontre des valeurs de la République, c'est tout ce qu'on donne comme conseil. Si maintenant il y en a un qui dérape après, il prend ses responsabilités. Nous, on est pas des gendarmes pour derrière eux du matin au soir »

Depuis un an qu'a été décrété l'état d'urgence, la fermeture des mosquées a fait polémique dans le monde politique. D'un côté, le FN avec une pétition demandant « la fermeture immédiate des 89 mosquées salafistes en France » et de l'autre ceux qui ne voient pas la fermeture administrative des lieux de culte comme solution à ce problème complexe. D'après Abdallah Zekri, les représentants officiels du culte musulman en France doutent également de l'efficacité de ces mesures:

« Au conseil, nous, on en est très clair, on a dit que s'il faut arrêter dès qu'il y a des mosquées salafistes de crier « au loup […] C'est vrai qu'à un moment donné moi-même j'ai fait des déclarations pour dire: il faut fermer des mosquées qui prônent cela (la haine, ndrl) à condition que les fidèles ne soient pas dans la même mouvance que les dirigeants. Mais c'est pas le cas, il peut en avoir mais c'est pas le cas. Mais si les fidèles aussi pensent dans le même raisonnement que leurs dirigeants qui appellent à la violence et autre, pourquoi pas ne pas fermer? Mais je pense qu'il faut réfléchir franchement à ces décisions de fermeture »

Manuel Valls a déclaré il y a quelque temps qu'il fallait expulser ceux qui tiennent des discours de haine et fermer les lieux de cultes qui s'en prennent aux valeurs de la République. En suivant la logique des mesures proposées avec un petit goût « le Pen », il faut juste se demander si le rythme de fermetures et d'expulsions est bon pour un gouvernement de gauche. Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur.

A lire: Philippe de Villiers: "L’adversaire, c’est l’islam conquérant, beaucoup plus que Daech"