Un homme qui avait agressé un septuagénaire musulman en menaçant de l'égorger, au lendemain de l'attentat jihadiste dans une église de Saint-Etienne du Rouvray (Seine-Maritime), a été présenté vendredi en comparution immédiate au tribunal correctionnel de Rouen et le procès a été reporté au 4 octobre.

Pendant cette première audience, l'agresseur, qui devait être remis en liberté sous contrôle judiciaire, s'est addressé à la victime en présentant ses excuses. "Je regrette les souffrances que vous avez vécues", a-t-il dit.

Selon l'avocat du prévenu, Me Jean-Marc Virelisier, qui a demandé pour son client le report de l'audience pour préparer sa défense, ce dernier était sous l'emprise de l'alcool après une soirée très arrosée au moment des faits. "Il n'est pas raciste et a des regrets sincères par rapport à ce qui s'est passé, étant même amnésique sur certains faits", a-t-il dit, précisant que cet ancien engagé pendant cinq ans dans l'armée, grand et robuste, avait une vie personnelle très instable.

"Sans le contexte de l'attentat, cette affaire serait passée inaperçue", a déclaré l'avocat à l'AFP.

Les faits s’étaient produits le 27 juillet à Barentin, à 15 km au nord de Rouen, au lendemain du drame au cours duquel le père Jacques Hamel avait été tué en pleine messe par deux jeunes djihadistes à Saint-Etienne-du-Rouvray.« Sale Noir, si je descends d’ici, c’est pour te taper. Je vais t’égorger pour vous faire comme vous nous faites à nous, c’est pas parce que t’es en robe et avec un chapeau que tu vas faire la loi ici ! », avait crié sur un parking le prévenu, au volant d’une voiture, à l’adresse d’un septuagénaire d’origine sénégalaise, qui raccompagnait certaines de ses filles à leur véhicule vers 5 heures du matin.

Le vieil homme, qui portait une djellaba et une chéchia, avait tenté de rentrer dans son appartement, mais l’automobiliste avait fait marche arrière et tenté sans succès de le renverser. Il l’avait poursuivi dans l’immeuble et, dans l’ascenseur, l’avait frappé à la tête et tenté de l’étrangler. La victime souffre d’un traumatisme crânien.

Outre cinq enfants du septuagénaire, trois associations, la Licra, SOS Racisme et le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), se sont portées partie civile. La présidente du tribunal, Mariette Vinas, a appelé au calme, cette affaire ayant suscité la colère de la communauté sénégalaise.


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