C’est une page historique plutôt inconnue du grand public que nous relate Stéphanie Trouillard, journaliste pour France 24. Alors que le mois béni de Ramadan 2015 arrive tout juste à sa fin, en 1915, il débuta à cette période là, à savoir le 13 juillet.

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Des soldats musulmans enrôlés au sein de l’armée française jeûnaient donc en plein été, tout en étant sur le front. Au moins 300 000 soldats originaires du Maghreb participaient à la Grande Guerre. Il y avait également d’autres soldats de confession musulmane originaires d’Afrique Noire. Pour faciliter le jeûne du mois de Ramadan, l’Etat Majoravait permis plusieurs commodités.En effet, avant même le début du mois de Ramadan, une dépêche officielle affirme queles jeûneurs auront l’autorisation de prendre leur petit déjeuner à l’heure de l’iftar, de prendre leur déjeuner une demi - heure plus tard, et enfin, de prendre leur dîner, vers 23H.« En pays musulman, la rupture du jeûne est annoncée, chaque soir, par un appel à la prière. Cette pratique n’étant pas réalisable en France, les musulmans seront laissés, dans chaque groupement, libres de fixer le moment où ils croiront devoir prendre leur premier repas» précise également l’Etat - Major dans la dépêche officielle. Ces commodités étaient importantes et avaient une portée pragmatique: il fallait garantir le bien être de ces soldats musulmans et et respecter leur pratique religieuse afin d’éviter les « troubles au sein des colonies» françaises. Rappelons également que l’armée française se battait contre l’Empire germanique, allié de l’Empire ottoman. Ce dernier avait lancé un appel pour que les musulmans les rejoignent au combat. « Les autoriser à observer le jeûne du ramadan durant la journée, leur servir leur repas après le coucher du soleil et les informer des fêtes religieuses du mois sacré, cela peut être considéré comme de la ‘bonne politique’. De cette façon, les soldats pouvaient voir des preuves concrètes des précautions prises par l’armée pour respecter leur religion et leurs usages», souligne Richard S. Fogarty, historien et professeur de l’Université d’Albany aux États - Unis. Des commodités importantes d’autant plus que ces soldats musulmans qui se battaient dans les tranchées, n’avaient pas forcément eu le choix.