Réparation, augmentation du budget militaire dans les proportions les plus considérables, la puissance militaire asiatique... Tous font penser à la Chine.

Deuxième pays dans le classement mondial des budgets de défense, effectuée par Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (2014), après les Eats-Unis.

D'autre part, l'alliance triple Chine-Russie-Iran évoque celles des 1914.En 2014, la Chine a enfin pu surmonter tous ses problèmes persistants, liés aux tests et au réglage des missiles balistiques JL-2. On ignore si les sous-marins du projet 094, équipés de missiles de ce type, ont déjà effectué des missions militaires. Très probablement, ils ne sont pas capables d'atteindre le territoire continental des Etats-Unis depuis la région de patrouille des sous-marins en mer de Chine du Sud. Ou du moins, ces missiles peuvent présenter une menace pour les cibles dans la région Asie-Pacifique. Dans tous les cas, la Chine s'est dotée pour la première fois de son histoire d'un contingent de forces nucléaires stratégiques en mer, qui va par la suite s'améliorer. 

Un progrès atteint dans la création des missiles intercontinentaux balistiques DF-41 

Cette année, les sources officielles chinoises ont pour la première fois confirmé l'existence du projet du missile balistique intercontinental DF-41. Le nouveau missile balistique intercontinental à propergol solide est plus puissant que le DF-31A. Ce missile a une plus grande portée et peut porter de multiples moyens de défense antimissile. Le nouveau missile permet à la Chine de ne pas s'inquiéter de l'efficacité et de la fiabilité de ses forces de dissuasion nucléaire. Le déploiement de missiles de ce type est également susceptible de provoquer une croissance quantitative considérable de l'arsenal nucléaire chinois, puisque nous savons qu'ils seront équipés des techniques de Mirvage (équipement d'un missile de plusieurs têtes) avec une orientation individuelle. 

Depuis toujours, on sait qu'un pays qui réarme obéit à deux hypothèses : soit il se sent menacé et veut se protéger, soit il veut attaquer. Qui la Chine veut-elle attaquer ? Taiwan, pour la reconquérir ? Non, car elle n'aurait pas besoin de réarmer si fortement pour reprendre l'île ; et sa stratégie est celle de la "persuasion" : la Chine veut récupérer Taiwan en douceur ; une guerre ruinerait la juteuse économie de la province perdue, dont la Chine a besoin. Elle envisage Taiwan, comme une future "région autonome", à l'image de Hong-Kong selon l'adage célèbre "un seul pays, deux systèmes économiques". Le général Régis de Marsan, suggérait (in Le Soir 28/02/2001) "qu'il faut mettre en parallèle le budget militaire chinois avec la dépopulation de la Russie". Serait-ce donc la Russie que la Chine veut attaquer ? On sait qu'elle pourrait revendiquer une partie de la Sibérie orientale, où s'infiltrent ses migrants. On se souvient des combats sino-russes sur l'Amour des années 60. Là n'est pourtant pas la préoccupation géopolitique chinoise ; l'Empire du Milieu ne se sent nullement menacé par la Russie pas plus que par l'Inde (d'autant que les Russes lui fournissent toujours des armes, notamment les chasseurs-bombardiers Sukhoï.) Elle a intérêt à entretenir de bons rapports avec ces deux puissances continentales. Pour quelles raisons alors la Chine réarme-t-elle ? Parce que les Chinois subodorent la possibilité d'un conflit majeur, au XXIème siècle, avec la grande superpuissance thalassocratique : les Etats-Unis. La Chine, nation (comme la France) à la fois maritime et continentale a compris que le Pacifique, actuellement sous contrôle américain, allait devenir un lieu de friction majeur. N'oublions pas également que les deux superpuissances militaires à partir de 2015 seront les Etats-Unis et la Chine. Cette dernière prévoit donc une situation similaire à celle de la "guerre froide" Occident-URSS des années 1947-1991. Et, dans le cadre de ce réarmement, il faut savoir que la Chine n'accroît nullement ses effectifs terrestres (ce qui serait le cas dans l'hypothèse de conflits frontaliers continentaux) mais, comme par hasard, 1°) elle muscle sa flotte de haute mer et sous-marine - Pékin envisage le lancement de porte-avions - et son aviation ; 2°) elle améliore ses capacités balistiques et nucléaires, préparant aussi des satellites-espions militaires ; 3°) elle revalorise toutes les soldes, pour motiver son armée. Les Chinois se préparent donc bien à un conflit de type "post-moderne", centré sur la guerre électronique, les missiles, les avions, les sous-marins et les satellites, un conflit qui aurait inévitablement un aspect (partiellement) nucléaire. Le Pentagone s'en est parfaitement rendu compte.

Actuellement, la marine chinoise dispose d'au moins 70 sous-marins, contre 75 pour l'US Navy.

Le plus moderne des sous-marin chinois est le sous-marin nucléaire lanceur d'engins de classe Jin (type 094), conçu pour lancer des missiles balistiques nucléaires. Selon le Pentagone, la marine chinoise possède actuellement quatre sous-marins de ce type, tandis qu'un autre est en cours de construction. Ils seraient basés sur une énorme base secrète de sous-marins située sur l'île de Hainan (sud de la Chine).

L’Iran sera le tombeau des États-Unis d’Amérique

Les américains n’ont pas besoin des décrets de leur Congrès pour étendre leurs zones de combat. La preuve : en Afghanistan et en Irak ils ont pré-positionné des milliers de chars M1 abrams au cas où… Washington s’apprêterait même à une « mobilisation générale » de 2 millions de personnes, en incluant les réservistes des diverses forces américaines. Les russes ne sont pas en reste puisqu’ils ont renforcé leur présence militaire au Kazakhstan, ainsi que dans les régions russes près des villes de Samara et de Volgograd. Si les américains attaquent l’Iran, les russes et peut-être les chinois profiteraient de la situation pour porter le coup de grâce à « la bête blessée », saignée par un dollar ne valant plus rien, un surendettement économique historique, sans compter le moyens mis en œuvre que les américains auront du déployer pour affronter l’Iran.

En conclusion


N'oublions pas que la Chine et les Etats-Unis s'étaient déjà affrontés militairement en 1951, pendant la guerre de Corée, et indirectement, pendant la guerre du Vietnam. On remarquera que jamais les Etats-Unis et l'ancienne URSS ne s'étaient affrontés directement.

Les deux grandes lignes de fracture et de risques de conflits du XXIème siècle concerneront un affrontement Islam-Europe et Islam-Inde d'une part, et Chine-USA d'autre part.(Islam Occident Chine USA)

Comme l'a démontré Alexandre Del Valle dans deux de ses récents ouvrages, et dans plusieurs de ses articles universitaires, la politique étrangère américaine vise à neutraliser les rivaux européens et russes en jouant la carte de l'Islam, comme la guerre de Serbie l'a démontrée. Mais les USA ont une préoccupation plus grave sur leur flanc ouest : neutraliser la Chine. Ils se sentent donc une île thalassocratique encerclée, obligée de contrôler le Grand Continent menaçant. Il y a une constante dans l'histoire des guerres, qui obéit à un étrange paradoxe, que les géopoliticiens nomment "le paradoxe de la Guerre de Troie." Il peut se formuler ainsi : les guerres ouvertes éclatent entre deux puissances ou deux coalitions sur des prétextes particuliers et imprévisibles, qui ne sont jamais les causes fondamendales ; ces dernières sont une rivalité globale, stratégique, économique, ethnique, etc. qui ne cherche qu'une étincelle, au fond secondaire, pour dégénérer en conflit ouvert. La fameuse Guerre de Troie immortalisée par Homère, opposait en fait les jeunes cités gréco-achéennes à la ville-Etat de Troie, installée près du Bosphore, et redoutable rivale commerciale et militaire. Le prétexte futile du déclenchement des hostilités et de l'expédition d'Agamemnon fut une jalousie amoureuse (l'enlèvement de la belle Hélène par les Troyens). Mais la véritable cause du conflit était la volonté géostratégique des Grecs d'éliminer leurs concurrents orientaux et de s'approprier la mer Egée.

Bien des guerres peuvent s'analyser selon cette grille, qui distingue les prétextes des causes essentielles, des toiles de fond. Or, dans le cas du conflit potentiel Chine-USA, nous pouvons repérer une toile de fond structurelle extrêmement chargée en hostilité : rivalité pour l'hégémonie sur le Pacifique ; crainte des USA, devenus unique superpuissance, de voir réémerger un concurrent autrement plus dangereux que la défunte URSS, parce que beaucoup plus peuplé, et parce que puissance à la fois continentale et maritime, ce que n'est pas la Russie ; crainte aussi des Américains de la concurrence économique et technologique mondiale de l'Empire du Milieu et de sa formidable masse démographique ; renouveau du nationalisme chinois qui prend conscience de son immense puissance et qui a une dette à régler, une revanche à prendre contre un Occident qui l'aurait humilié depuis le début du XXème siècle avec les "traités inégaux". Etc.

Bref, la "toile de fond" conflictuelle est particulièrement dangereuse. Le contentieux Chine-USA est beaucoup plus lourd que l'ancien contentieux USA-URSS, parce qu'il est géostratégique et non plus idéologique, et aussi parce qu'il s'apparente, comme l'a vu Samuel Huntington, à un choc de civilisations.

C'est pourquoi, comme les guerres franco-allemandes des XIXème et XXème siècles, qui pouvaient éclater sous n'importe quel prétexte, on ne peut pas dire que le "problème de Taiwan" sera nécessairement la cause d'un affrontement. Tout autre prétexte peut surgir. L'avenir est toujours ouvert, tout est possible. D'ici à 2020, la rivalité sino-américaine ne fera que s'accroître, comme un baril de poudre qui ne cesse de se remplir. Mais nous ne connaissons pas le nom de la mèche qui le fera exploser. Pour résumer cette analyse, nous dirons qu'un affrontement global entre l'Amérique du Nord et la Chine constitue un des risques majeurs au XXIème siècle, sans que nous puissions savoir le prétexte de son éclatement, ni la forme qu'il prendra. Quoi qu'il en soit, un esprit philosophique pourrait remarquer que nous allons assister au XXIème siècle à l'affrontement de la plus ancienne civilisation du monde (la Chine), un peuple long vivant et homogène, selon l'statement de Raymond Ruyer, et de la plus récente (l'Amérique), qui est d'ailleurs davantage une société qu'une civilisation historique, un peuple hétérogène et court-vivant.