Dans un Canada entièrement pavoisé aux couleurs de sa fête nationale, en ce 1er juillet qui était le point d’orgue des festivités qui ont ponctué une année 2017 placée sous le signe de la célébration de ses 150 ans, des lycéennes musulmanes ont pris part aux réjouissances à leur manière, sous un angle pédagogique non dénué de convivialité.

C’est dans la joie et la bonne humeur que Maryam Islam et ses camarades de classe voilées de l’établissement secondaire Fort Richmond, à Winnipeg, ont accueilli les promeneurs et curieux non musulmans sur leur stand dressé dans l’écrin de verdure du parc Assiniboine, afin de démystifier ce hijab qui cristallise encore et toujours des interrogations, des tensions, quand il ne déchaîne pas les passions les plus violentes.

Entourée d’une vingtaine de jeunes filles qui, comme elle, ont déjà été confrontées à l’ostracisme à caractère islamophobe dans et en dehors du temple scolaire, et aux mises à l’index iniques et humiliantes qui en découlent, la chef de file du groupe se faisait fort, le temps d’un week-end de liesse populaire, d’inverser la tendance en invitant notamment ses concitoyennes à passer de l’autre côté du miroir.

« Chaque fois que j’intègre un groupe, je me montre polie, respectueuse, ouverte à toutes les différences et je fais en sorte que l’on ne me considère pas comme une étrangère, une alien », a-t-elle confié à la presse locale, tandis qu’une étudiante en sciences et l’une des instigatrices de l’opération, Yasmine El-Salakawy, précisait : « Notre participation à la fête nationale était, pour nous, une formidable occasion d’atteindre un grand nombre de personnes. Au moment où les Canadiens célèbrent la diversité en tant que valeur essentielle, notre démarche s’imposait et ne pouvait que marquer positivement les esprits ».

Dans le parc enchanteur de Winnipeg, la cité phare de la province du Manitoba, là où les membres de la communauté musulmane sont pour la plupart originaires de Somalie, de Syrie, d’Irak ou encore de la République de Djibouti, des lycéennes voilées n’ont pas ménagé leurs efforts pour aller au-devant des habitants, usant d’une belle force de conviction pour tordre le cou aux préjugés, expliquer leur attachement à leur religion et l’importance que revêt à leurs yeux le port du voile.

Fières d’être canadiennes et musulmanes à la fois, elles n’ont cessé de revendiquer la parfaite compatibilité entre leur foi et leur nationalité, particulièrement face aux plus sceptiques, tout en insistant sur le fait que la piété, la pudeur et la droiture des femmes musulmanes ne s’évaluent pas pour autant à l’aune d’un seul voile.

Alors que la gent féminine non musulmane de Winnipeg, attirée par les essayages de hijabs, ludiques et riches de sens, et les tatouages au henné proposés gracieusement, commençait à affluer devant le stand, l’aînée du groupe, Yasmina El-Salakawy, s’est réjouie du succès inespéré rencontré par leur première grande action de sensibilisation auprès du plus grand nombre.

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