Rumana Ahmed, une ancienne conseillère musulmane de Barack Obama raconte pourquoi elle a décidé de quitter l'équipe de Trump huit jours après son arrivée à la Maison Blanche.

Cette jeune femme, issue d'une famille qui a émigré du Bangladesh, est entrée à la Maison Blanche sous la présidence Obama, en 2011, à seulement 22 ans. Elle sortait alors de l'université, comme elle le détaille dans un texte publié par The Atlantic. Elle avait d'abord rechigné à entrer dans le monde politique, «corrompu et inefficace», mais raconte avoir découvert un milieu ouvert d'esprit, où elle est la seule à porter le hijab : «je travaillais avec diverses communautés, y compris les musulmans américains.»

Son ascension dans l'administration, fulgurante, la mène dès 2014 au sein du staff du Conseil de sécurité nationale, qui conseille le président sur les questions de politique étrangère.

«Un bastion monochromatique et masculin»

En 2016, «comme nombre de (ses) concitoyens musulmans américains», elle a suivi «avec consternation» la campagne de Trump. Au départ d'Obama, elle raconte avoir redouté l'arrivée au pouvoir du milliardaire. Mais était restée au stein du staff, persuadée de pouvoir apporter, malgré tout, une contribution positive.

«Prudemment optimiste, avec le sentiment d'avoir la responsabilité de poursuivre notre travail et d'être entendus, je décidai que cette administration pourrait bénéficier d'une femme, porteuse du hijab, patriote musulmane, et américaine de couleur», explique-t-elle. 

Mais elle a très vite déchanté : «Le nouveau personnel me regardait avec une surprise froide. La Maison Blanche diversifiée où je travaillais était devenue un bastion monochromatique et masculin». Quand l'administration Trump signe le décret anti-immigration, elle est stupéfaite. «Je savais que je n'étais plus à ma place au sein de ce gouvernement, qui considère les gens comme moi, non pas comme des concitoyens, mais comme une menace», confie-t-elle.

Au bout de huit jours, elle préfère fuir le climat «inquiétant et effrayant» de la nouvelle administration. Elle informe alors son superviseur et même si elle n'y est pas invité, donne son avis : «L'administration attaque les fondements de la démocratie. Il m'a regardé et n'a rien dit.»

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