Dans l’Amérique de Trump, la scène qui s’est passée récemment derrière les murs d’un lycée de Nashville, dans le Tennessee, en a choqué plus d’un.

L’humiliation infligée à son élève voilée par une enseignante qui s’est autorisée à lui retirer son hijab a suscité un vif émoi localement, d’autant plus que celle-ci a poussé l’abjection jusqu’à diffuser sur Snapchat les images de ce dévoilement sous la contrainte. Une élève visiblement en détresse, comme l’atteste l’image la montrant en train de cacher son visage dans ses mains.

Faisant voler en éclats la plus élémentaire déontologie dans l’enceinte de l’école, cette professeure indigne a été suspendue, sans salaire, après avoir posté deux vidéos légendées ironiquement comme suit : « beaux cheveux » et « Lol, tout ce qui couvre les cheveux ».

Alors que la jeune fille musulmane, très affectée, peine à se remettre de ce terrible affront, tout comme ses parents consternés qui dénoncent une « agression qui n’aurait jamais dû se produire », l’avocat de l’établissement secondaire New Vision Academy Charter School tente de relativiser la gravité des faits. Selon lui, l’enseignante que tout accable n’aurait pas « vraiment enlevé de force le voile de son élève », mais lui aurait « simplement touché les cheveux ».

Cette version très édulcorée d’un abus de pouvoir caractérisé, qui a franchi la ligne jaune en donnant libre cours à ses pulsions islamophobes, est démentie par les preuves en image de l’incident, des preuves fournies de surcroît par l’agresseuse en personne.

« La vidéo dépeint une agression criminelle, manifestement motivée par l’identité religieuse de l’étudiante, ce qui en fait un crime de haine possible », a déclaré le haut avocat du Conseil du contentieux, Gadeir Abbas, via un communiqué de presse.

« Nous appelons les autorités locales, chargées de l’application de la loi, à enquêter sur cet incident et à prendre les mesures nécessaires pour que la personne incriminée rende des comptes », a-t-il poursuivi, tandis que les associations musulmanes du comté sont unanimement atterrées par ce « manque cruel de sensibilité religieuse et culturelle » de la part d’un membre du corps enseignant.