Des députés la France insoumise et communistes ont quitté l’hémicycle.

Les députés Insoumis et communistes ont quitté mercredi l’hémicycle de l’Assemblée pendant les questions au gouvernement, en signe de protestation contre des propos du député UDI (Union des Démocrates et Indépendants) Meyer Habib au sujet de Salah Hamouri, un Franco-Palestinien détenu en territoires occupés et dont la France a demandé la libération. Habib venait de le qualifier de « terroriste », avant de s’en prendre au dirigeant palestinien Marwan Barghouti, lui aussi emprisonné.

« Quand le Quai d’Orsay a déclaré espérer la libération de Salah Hamouri, j’ai eu honte. Salah Hamouri est un terroriste, pas un prisonnier politique, un dirigeant du FPLP (Front populaire de libération de la Palestine, NDLR) responsable de l’attentat de la rue Copernic, […] du carnage dans une synagogue à Jérusalem, cinq juifs égorgés en pleine prière comme le fut le père Hamel dans son église », a déclaré Meyer Habib. En réaction à ces propos, les députés Insoumis et communistes ont quitté leurs bancs.

Le député franco-israélien a ensuite attaqué ses opposants de la France insoumise et du Parti communiste : « L’antisionisme, c’est le nouvel antisémitisme, votre prédécesseur Manuel Valls l’avait courageusement exprimé dans cet hémicycle et cela lui vaut la haine de tous les islamo-gauchistes qui ont quitté cet hémicycle. »

Une délégation d’élus d’extrême gauche, dont quatre députés, avait souhaité en début de semaine rencontrer Salah Hamouri et Marwan Barghouti avant de s’en voir empêcher par l'entité sioniste lundi. « Provocations et clientélisme, voici communistes et Insoumis unis pour l’occasion qui annoncent leur voyage en Israël pour soutenir des terroristes, Barghouti et Hamouri », a commenté Meyer Habib.

Des termes « inadmissibles »

Certains des députés qui avaient quitté l’hémicycle ont écouté la réponse de la ministre via les écrans de la salle des Quatre Colonnes. Clémentine Autain (LFI) a jugé devant la presse que « Meyer Habib instrumentalise les questions et les pose dans des termes qui sont tout simplement inadmissibles », appelant « au calme » et à « arrêter de caricaturer les positions des uns et des autres ».

« Je ne sais pas où va la France si elle continue à se laisser piéger dans des débats politiques instrumentalisés qui visent tout simplement à dresser les uns contre les autres », a-t-elle ajouté. A ses côtés, la communiste Elsa Faucillon a expliqué que les députés des deux groupes avaient eu « un choc ». « On s’attendait à ce que Meyer Habib pose ce type de question dans le climat en ce moment. Mais là, c’en est trop dans l’amalgame », il a fait une « tribune particulièrement politicienne et odieuse », a-t-elle dénoncé.

Dans la soirée, les députés communistes ont fait savoir dans un communiqué que leur président de groupe, André Chassaigne, avait « saisi le président de l'Assemblée nationale pour réclamer des sanctions contre Meyer Habib pour ces injures et ces insinuations ».