Des élus de la France Insoumise ont accusé mardi l'entité sioniste de "déni de démocratie et de liberté", en réponse aux déclarations des autorités israéliennes qui s'opposent à leur entrée sur le territoire en raison de leurs activités "liées au boycott d'Israël".

"Les autorités israéliennes viennent de recommander à la délégation d’une centaine d’élus Français qui s’apprêtent à partir à Jérusalem et dans les territoires palestiniens de 'ne pas prendre l’avion'", explique la France Insoumise dans son communiqué.

"Ainsi, l’Etat d’Israël veut interdire la venue de représentants de la République française, députés et sénateurs compris, sur leur territoire. Ce déni de démocratie et de liberté est aussi consternant qu’inacceptable", accuse-t-elle.

Quatre députés de la France Insoumise (Clémentine Autain, Michel Larive, Danièle Obono et Muriel Ressiguier), mais aussi des élus locaux, participent à ce voyage du 18 au 23 novembre "organisé par l’Association pour les jumelages entre les camps de réfugiés palestiniens et les villes françaises (AJPF)", selon le communiqué.

"Une escalade dangereuse"

Toutefois, se conformant aux recommandations du ministre de la Sécurité publique Gilad Erdan, le ministre israélien de l'Intérieur Arye Dery a annoncé qu'il s'opposerait à leur venue."Dans le cadre de la politique que je mène pour combattre les leaders du boycott contre Israël, nous ne permettrons pas l'entrée de ceux qui appellent activement à s'en prendre à l'Etat d'Israël, surtout après leur requête visant à rencontrer et à renforcer le meurtrier Barghouti, de boycotter Israël et même de le promouvoir", a déclaré Gilad Erdan dans un communiqué. La France Insoumise soutient que le ministre israélien de la Sécurité publique se sert de l'intention de rencontrer Marwan Barghouti comme "prétexte" pour refuser leur entrée sur le territoire israélien, affirmant que les propos de Gilad Erdan sont "stupéfiants". Le groupe politique créé par Jean-Luc Mélenchon en a appelé notamment au chef de l'Etat, Emmanuel Macron, affirmant que la France ne peut accepter ces déclarations qui constituent "une escalade dangereuse"."Nous appelons le Président de la République, le gouvernement et le président de l’Assemblée nationale à intervenir pour que cette menace d’interdiction ne soit pas rendue possible. Il en va de la démocratie et de la paix", conclut ledit communiqué.

Emprisonné depuis plus de quinze ans en Israël, Barghouti avait pourtant triomphé en décembre dernier à l'élection de la direction du Fatah avec 70% des voix exprimées au Comité central du parti palestinien réuni en congrès à Ramallah, apparaissant ainsi comme un successeur possible à Mahmoud Abbas.

S'étant illustré mi-avril lors d'une grève de la faim à son initiative, ce haut cadre du Fatah est surnommé par ses sympathisants le "Mandela palestinien". Condamné à perpétuité pour sa participation à des attentats qui ont fait de nombreux morts israéliens, Barghouti a notamment été reconnu coupable par un tribunal israélien d'avoir autorisé et organisé l'attaque du marché aux poissons de Tel-Aviv le 5 mars 2002, ayant tué trois personnes.

La délégation LFI, qui prévoyait également de rencontrer l'avocat franco-palestinien Salah Hamouri, en détention administrative en Israël depuis le 23 août, s'est insurgée: "Comment ne pourrions-nous pas rendre visite à notre compatriote Salah Hamouri, privé de liberté pour son engagement politique ?'

Salah Hamouri fait l'objet d'un ordre de détention administrative de six mois, confirmé le 22 octobre par la Cour suprême, qui siège à Jérusalem. Le Quai d'Orsay s'est dit "préoccupé" par sa situation fin octobre, s'étonnant de ne pas avoir connaissance des charges retenues contre lui, et a dit "espérer" sa libération.