La Russie, s'appuyant sur des cartes, des graphiques et des photos satellite, a une nouvelle fois contesté jeudi les affirmations des Nations unies et des pays occidentaux qui accusent l'armée syrienne d'avoir attaqué au gaz sarin en avril dernier la ville rebelle de Khan Cheikhoun, faisant des dizaines de morts.

Dans un rapport publié la semaine dernière, les Nations unies et l'OIAC (Organisation pour l'interdiction des armes chimiques) ont conclu à la responsabilité du gouvernement syrien dans cette attaque.

Pour Moscou, il n'y a aucune preuve de la responsabilité de Damas et les substances chimiques qui ont tué des civils à Khan Cheikhoun appartenaient aux insurgés.

Lors d'un point de presse, rapporte l'agence de presse RIA, un responsable du ministère russe de la Défense a affirmé que l'avion Su-22 syrien qui aurait largué la bombe chimique se trouvait alors trop loin du site de l'attaque pour avoir pu jouer un rôle.

"Ainsi, je pense que les informations fournies ne peuvent confirmer que les armes chimiques utilisées à Khan Cheikhoun ont été larguées par un avion Su-22 de l'armée de l'air syrienne", a dit ce responsable.

Lors de ce même point de presse, Mikhaïl Oulianov, haut responsable du ministère russe des Affaires étrangères, a rejeté les accusations américaines selon lesquelles la Russie avait encouragé l'utilisation d'armes chimiques en Syrie, ajoute RIA.

"C'est de l'hystérie, une tentative totalement gratuite de discréditer la Russie par des moyens répugnants et primitifs", a-t-il dit.

Dans la foulée de l'attaque à Khan Cheikhoun, qui a fait plus de 80 morts dont de nombreux enfants, les Etats-Unis avaient mené des tirs de missile sur une base aérienne syrienne, considérée par Washington comme point de départ de l'offensive.