Face à la cause historique de la Palestine occupée, qui touche également le domaine du football, la Fifa n'a pas souhaité prendre position.

La Fifa a refusé vendredi d'intervenir dans le conflit qui oppose la Palestine à l'entité sioniste autour du football dans les territoires occupés, ouvrant du même coup la porte à une confrontation au tribunal arbitral du sport. L'instance dirigeante du football a refusé d'appliquer les trois actions recommandées par une commission internationale qui a planché sur le sujet pendant plus de deux ans. Le conseil de la Fifa, organe non exécutif de surveillance et de stratégie, a prétendu «devoir rester neutre dans les questions politiques», en accord avec les statuts de l'instance. La Fédération palestinienne de football (PFA) avait demandé à la Fifa des sanctions à l'encontre de six équipes basées dans des colonies israéliennes en Cisjordanie et prenant part au championnat israélien.

Les joueurs palestiniens sont victimes d'harcèlement

Le président de la Fifa Gianni Infantino a parlé d'un conflit «exceptionnellement complexe». Les Palestiniens se plaignent que leurs joueurs sont victimes d'harcèlement et sont parfois même arrêtés quand ils essaient de passer de la Cisjordanie à Gaza. Certains auraient également été empêchés de se rendre à des tournois internationaux. La PFA estime que l'entité sioniste n'a pas respecté le règlement de la Fifa qui veut qu'aucune équipe d'un Etat membre ne puisse jouer des matches sur le territoire d'un autre sans sa permission.

Infantino et la Fifa se rangeront derrière la décision du TAS

Pour l'entité sioniste, la Fifa n'a pas son mot à dire puisqu'il n'y a pas de frontière reconnue à un Etat palestinien. Le ministre de la Sécurité intérieure Gilad Erdan a ainsi parlé d'»une grande victoire» au sujet de la décision de la Fifa. «Les tentatives de l'instigateur du terrorisme Jibril Rajoub d'utiliser le sport comme arme politique contre Israël ont échoué», a d'ailleurs prétendu M. Erdan. «Nous irons au TAS», a répondu Jibril Rajoub, président de la Fédération palestinienne de football, à l'AFP. «La décision de la Fifa, qui reconnaît pourtant la résolution 2334 du Conseil de sécurité des Nations unies, est en conflit avec ses propres statuts en plus d'être une violation du droit humanitaire international.»

Cette résolution 2334, relative à la question de la Palestine, «exige de nouveau d'Israël qu'il arrête immédiatement et complètement toutes ses activités de peuplement dans le Territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est». La Fédération palestinienne est déjà allée devant le TAS, qui devrait rendre son verdict en janvier et pourrait forcer la Fifa à tenir un vote, lors de son prochain congrès, sur les demandes de la Palestine. Infantino a affirmé que la Fifa suivrait la décision du TAS.