La Russie a bloqué mardi une résolution présentée au Conseil de sécurité de l'Onu qui visait à prolonger le travail d'une commission d'enquête sur l'utilisation d'armes chimiques en Syrie, dont le mandat expire mi-novembre.

La commission d'enquête de l'Onu et de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC), appelée mécanisme d'enquête conjoint (Jim), a été créée à l'unanimité par les 15 membres du Conseil de sécurité en 2015 et prolongée d'un an en 2016.

Les enquêteurs doivent présenter jeudi un rapport sur la responsabilité de l'attaque du 4 avril dans la ville syrienne de Khan Cheikhoune, dans la province d'Idlib, qui a fait plus de 80 morts, dont de nombreux enfants.

L'OIAC a déjà conclu à l'utilisation du gaz sarin et les enquêteurs de l'Onu ont imputé le bombardement chimique aux forces du régime, ce que le gouvernement dément.

Moscou propose de décaler le vote car il souhaite d'abord consulter le rapport avant d'autoriser la prorogation de la commission d'enquête.

"N'essayez pas de donner l'impression que le Jim serait une coquille vide à moins que nous adoptions la résolution aujourd'hui", a déclaré l'ambassadeur de Russie à l'Onu, Vassily Nebenzia. "Nous sommes prêts à prolonger la mission après la publication du rapport et après en avoir discuté le 26 octobre", a-t-il ajouté.

La délégation américaine a estimé de son côté que "cette déclaration montre une nouvelle fois la proximité entre Moscou et Damas".

"La Russie démontre à nouveau qu'elle fera tout pour que le régime barbare de (Bachar al) Assad ne soit jamais condamné pour son usage récurrent des armes chimiques", a dit l'ambassadrice des Etats-Unis à l'Onu, Nikky Haley, dans un communiqué.

La Chine s'est quant à elle abstenue lors du vote et la Bolivie a rejoint la Russie en votant non.