Le Premier ministre palestinien Rami Hamdallah a réuni son gouvernement dans la bande de Gaza mardi, une première depuis 2014 censée matérialiser le retour de l'Autorité palestinienne internationalement reconnue aux commandes du territoire.

 

"Nous sommes ici pour tourner la page de la division et restituer au projet national son juste cap qui est la création d'un Etat" palestinien, a déclaré M. Hamdallah devant ses ministres réunis sous les portraits du leader historique Yasser Arafat et de l'actuel président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas.

Malgré la circonspection nourrie par l'échec des précédentes tentatives de rapprochement, la tenue de ce conseil des ministres placé sous très haute protection armée est, après l'arrivée elle-même de M. Hamdallah à Gaza lundi, une avancée significative dans l'effort des groupes palestiniens pour surmonter une décennie de déchirements dévastateurs. La visite de M. Hamdallah doit préparer le terrain à un transfert progressif de responsabilités.

Depuis 2014, l'Autorité n'exerce plus son pouvoir, limité, que sur la Cisjordanie, territoire palestinien occupé par l'entité sioniste depuis 50 ans et distant de Gaza de quelques dizaines de kilomètres.

Les dissensions palestiniennes sont considérées comme l'un des principaux obstacles à un règlement du conflit israélo-palestinien et l'une des causes des maux endurés par les deux millions de Gazaouis: guerres, blocus israélien et égyptien, pénuries d'eau et d'électricité, chômage...Le gouvernement palestinien avait siégé à Gaza pour la dernière fois fin 2014, au lendemain d'une nouvelle guerre destructrice, la troisième dans le territoire déclenchée par l'entité sioniste et faisant des centaines de victimes civiles.

Ces mesures ont rendu encore plus pénible la vie quotidienne dans l'enclave. Les Gazaouis éprouvés attendent à présent que M. Abbas ou M. Hamdallah annonce leur levée.

Le scepticisme est largement répandu quant aux chances de succès de cette nouvelle tentative de raccommodement. Des questions aussi épineuses pourraient être renvoyées à plus tard, la priorité affirmée par le Premier ministre palestinien étant de soulager les souffrances des Gazaouis. Les détails d'un transfert ultérieur de responsabilités doivent être discutés au Caire dans les prochains jours.

L'envoyé spécial de l'ONU Nickolay Mladenov se disait lundi auprès de l'AFP "prudemment optimiste", en relevant la "volonté politique réelle" du Hamas et du Fatah, ainsi que l'implication forte, jusqu'alors, de l'Egypte.