Des sources ont révélé au Daily Beast que plusieurs de leurs posts Facebook sur les violences à l'encontre de leur peuple avaient été censurés. Plusieurs posts sur les violences faites à cette minorité musulmane birmane ont été effacés du site sous prétexte qu'ils contrevenaient aux règles de la communauté du réseau.

Depuis plusieurs mois, les militaires birmans ont intensifié les violences à l'encontre de cette minorité musulmane. Des centaines de personnes ont été tuées et des dizaines de milliers ont dû se réfugier au Bangladesh.

Le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme Zeid Ra'ad Al Hussein a jugé lundi que le traitement de la minorité musulmane rohingya par la Birmanie s'apparente à un «exemple classique de nettoyage ethnique».

«La Birmanie ayant refusé l'accès aux enquêteurs (de l'ONU, ndlr) spécialisés dans les droits de l'homme, l'évaluation actuelle de la situation ne peut pas être entièrement réalisée, mais la situation semble être un exemple classique de nettoyage ethnique», a déclaré M. Zeid, à l'ouverture de la 36e session du Conseil des droits de l'Homme de l'ONU à Genève.

Selon le Slate, Mohamad Anwar, un blogueur rohingya basé à Kuala Lumpur, explique avoir publié deux posts fin août sur l'opération militaire birmane dans l'État de Rakhine: un sur les hélicoptères qui survolaient des villages et un autre sur des militaires qui ont brûlé un village rohingya. À chaque fois, ces contenus ont été effacés, et Anwar a reçu un message expliquant que ces posts contrevenaient aux «standards de la communauté Facebook.» Plus tard, son compte Facebook a été temporairement désactivé.

Le directeur de Burma Campaign UK explique que Facebook n'est pas directement coupable: «Ce n'est pas Facebook qui retire ses posts et gèle ces comptes. Des groupes racistes en Birmanie s'organisent pour déposer des plaintes contre des gens, sachant que cela déclenche des systèmes automatiques qui retirent des posts et suspendent des comptes».

Dans le Daily Beast, une spécialiste de la Birmanie pour Amnesty International penchait aussi pour cette hypothèse. Plusieurs personnes peuvent notamment se mobiliser pour dénoncer en masse des supposées violations des règles Facebook et ainsi donner l'impression que des posts doivent être effacés.