Le président iranien Hassan Rohani a prêté serment ce samedi devant le Parlement en présence de plusieurs dirigeants étrangers, notamment la chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini, avant de présenter son gouvernement dont la composition a d'ores et déjà été critiquée par ses alliés réformateurs.

Avant la cérémonie d'investiture, M. Rohani, âgé de 68 ans, a reçu Federica Mogherini, la chef de la diplomatie de l'Union européenne (UE), appelant à un plus grand effort pour préserver l'accord nucléaire de 2015 entre l'Iran et les grandes puissances après de nouvelles sanctions américaines contre Téhéran. 

"La République islamique ne sera pas la première à violer l'accord nucléaire (...) mais ne restera pas non plus silencieuse si les Etats-Unis ne respectent pas leurs engagements", a-t-il affirmé lors de son discours d'investiture. 

"L'Iran (...) répondra aux sanctions par des actions appropriées et réciproques", a-t-il ajouté. 

L'Iran estime que les nouvelles sanctions américaines qui visent notamment le programme balistique de Téhéran et les Gardiens de la révolution, l'armée d'élite du pays, violent l'accord nucléaire car elles empêchent le pays de normaliser ses relations économiques avec le reste du monde et de tirer bénéfice des investissements étrangers dont il a besoin. 

"La violation répétée de ses engagements par le gouvernement américain et les nouvelles sanctions contre l'Iran (...) peuvent être destructrices" pour l'accord nucléaire, avait déclaré M. Rohani plus tôt dans la journée. 

Religieux modéré, le président iranien a officiellement commencé son second mandat jeudi après la "validation" de son élection par le guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei. 

- Pas de femmes ministres ? - 

Mais pour les Iraniens, la préoccupation du moment est de connaître la composition du gouvernement, qui sera présenté dans les prochains jours. 

M. Rohani est critiqué depuis plusieurs jours, des responsables affirmant qu'il aurait finalement renoncé à nommer des femmes ministres et accordé très peu de place aux réformateurs qui l'ont soutenu dans la campagne. Le cabinet sortant comprenait trois vice-présidentes.  

"Les réformateurs ont permis l'élection de Rohani en 2013 et en 2017 (...), il doit écouter ceux qui l'ont soutenu", a déclaré Rassoul Montajabnia, vice-président du parti réformateur Confiance nationale, selon le quotidien Arman.  

Lors des deux scrutins, les candidats réformateurs se sont retirés pour soutenir M. Rohani, élu les deux fois avec la promesse de normaliser les relations avec l'Occident et de renforcer les libertés culturelles, sociales et politiques. 

"Rohani a créé une grande attente avec ses promesses lors de la campagne électorale et aujourd'hui il apparait en retrait", a déclaré à l'AFP Ali Shakourirad, chef du parti réformateur Unité du peuple. 

En renonçant à présenter des femmes à des postes ministériels, il a voulu "éviter les problèmes avec les dignitaires religieux" et "éviter les difficultés éventuelles" alors qu'il commence son second mandat, affirme-t-il. 

Le président a deux semaines à compter de ce jour pour présenter son gouvernement et devra obtenir un vote de confiance du Parlement. 

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