L'émir du Qatar, Tamim ben Hamad Al-Thani, a lancé vendredi un appel au dialogue, pour résoudre la crise diplomatique qui oppose son émirat au quartet arabe, tout en posant ses conditions.

"Nous sommes ouverts au dialogue pour régler les problèmes en suspens", a déclaré cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani dans un discours télévisé, le premier depuis le début de la crise le 5 juin.

L'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn et l'Egypte avaient alors rompu leurs relations avec le Qatar, qu'ils accusent de soutenir "le terrorisme" et de se rapprocher de l'Iran, grand rival régional du royaume saoudien.

Le chef de l'Etat du Qatar a cependant posé deux conditions pour un règlement de cette crise, soulignant qu'il devait se faire "dans le respect de la souveraineté et de la volonté de chaque Etat".

"Ce règlement ne doit pas prendre la forme de diktats mais d'engagements communs et contraignants pour toutes les parties", a-t-il ajouté.

Les quatre adversaires du Qatar avaient imposé de sevères sanctions économiques à l'émirat gazier.

Pour revenir sur ces sanctions, ils ont exigé le 22 juin la satisfaction de 13 demandes, dont la fermeture de la télévision Al-Jazeera et d'une base turque, ainsi qu'une révision des liens avec l'Iran.

Doha a rejeté en bloc ces demandes, estimant qu'elles violaient sa souveraineté.

Ballet diplomatique

La crise provoquée par la rupture des relations diplomatiques du quartet avec Doha a donné lieu à un ballet diplomatique dans la région et une médiation du Koweït.

Des ministres des Affaires étrangères de plusieurs pays occidentaux ont tenté de dégoupiller la crise du Golfe, dont l’Allemagne, la Grande-Bretagne, les États-Unis et la France.

Le chef de la diplomatie américaine était en tournée dans la région. Le 11 juillet, il a obtenu l’accord de Doha pour un programme de lutte contre « le financement du terrorisme », un accord jugé « insuffisant » par Ryad et ses alliés.

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a appelé à « une désescalade » dans la crise, au cours d’une tournée dans la région les 15 et 16 juillet.

Le lendemain, le ministre d'État émirati aux Affaires étrangères a exhorté le Qatar à revenir à la table des négociations, soulignant que son pays et ses alliés ne cherchaient pas un « changement de régime », mais d'« attitude ».

Auparavant, il avait soutenu que l'isolement du Qatar pouvait durer « des années ».

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