Dans un pays à majorité chrétienne, Mohammed Abduba Dida, d’origine somali, se présente au scrutin du 8 août comme le champion de tous les « exclus ».

La population musulmane représente seulement 10% de la population du pays et est souvent soupçonnée de sympathie pour les djihadistes Chababs, affiliés à Al Qaeda.

Ce candidat de 43 ans, prof en religion, détonne. Il veut défendre les droits des minorités, en ce mois du ramadan qui s’achève ce week-end.

La scène se déroule il y a quelques jours à peine, en plein ramadan. Il est 19 heures : l’heure de l’iftar a sonné sur Nairobi. A l’Intercontinental, hôtel chic du centre-ville, on a organisé une soirée de rupture du jeûne. Les chefs de clan somali à la barbe fournie sourient à des jeunes femmes en hijab coloré, tapent dans le dos d’hommes d’affaires en costume brillant. On rit. On blague entre deux coups de fourchette. Dans cette grande salle sans fenêtre, à la moquette couleur sable, le monde musulman kényan goûte à un entre-soi bien sucré.

Lui, on l’a mis au premier rang. Bien en évidence. D’une main, il caresse sa barbiche. De l’autre, il salue ses amis, tendant sans restriction sa main baguée d’une pierre. Une oratrice l’interpelle depuis la tribune. « Cher candidat à la présidentielle ! » Salve d’applaudissements. Mohammed Abduba Dida n’en demandait pas tant.

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