Interrogé sur la Syrie, le président de la République marque également une différence par rapport au quinquennat précédent. "Le vrai aggiornamento que j'ai fait sur le sujet c'est que je n'ai pas énoncé que la destitution de Bachar el-Assad était un préalable à tout. Car personne ne m'a présenté son successeur légitime".

Le départ du président syrien Bachar al-Assad n’est plus une priorité pour la France, dont l’objectif numéro un est de lutter contre les groupes terroristes en Syrie, affirme Emmanuel Macron dans un entretien publié jeudi dans huit journaux européens.

« Je n’ai pas énoncé que la destitution de Bachar était un préalable à tout. Car personne ne m’a présenté son successeur légitime ! » lance le président de la République, officialisant pour la première fois cette ligne sur la Syrie et reconnaissant un « aggiornamento ».

Emmanuel Macron : « Mes lignes sont claires »

Paris a longtemps été en première ligne pour exiger le départ d’Assad, et même si cette doctrine s’était infléchie après les attentats qui ont ensanglanté la France depuis 2015, la formule officielle était que le président syrien ne pouvait « représenter l’avenir » d’un pays ravagé par six ans d’un conflit au bilan terrifiant de plus de 320 000 morts et des millions de réfugiés.

« Sur ce sujet, ma conviction profonde est qu’il faut une feuille de route diplomatique et politique », déclare le président français, qui ne mentionne pas une seule fois l’ONU, dont une résolution adoptée en 2015 constituait jusqu’à présent la référence pour un règlement du conflit.

Sur la Syrie, « mes lignes sont claires », énonce Emmanuel Macron. « Un : la lutte absolue contre tous les groupes terroristes. Ce sont eux, nos ennemis. Nous avons besoin de la coopération de tous pour les éradiquer, en particulier de la Russie », déclare-t-il.

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