C'est une première. Jamais aucun président de la République n'était venu au dîner de rupture du jeûne - l'iftar, le soir après une journée de ramadan - organisé annuellement par le Conseil français du culte musulman, le CFCM.

Mardi 20 juin, dans les salons Hoche, à Paris, le président de la République, Emmanuel Macron, s'est ainsi présenté, accompagné de son ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, chargé des cultes, pour fêter ce rituel avec la communauté musulmane mais aussi pour lui faire passer un message, le premier en la matière, de son quinquennat.

Macron rend hommage au CFCM  

Le président de la République a remercié les responsables musulmans pour leur condamnation des attentats jihadistes qui ont fait 239 morts en France depuis janvier 2015. "Pas une fois le CFCM n'a fait défaut: il a su trouver les mots sans se placer dans le déni", a-t-il estimé. Mais, a poursuivi le chef de l'Etat en présence du ministre de l'Intérieur Gérard Collomb, les pouvoirs publics et les autorités musulmanes ont "en commun des combats à mener".

"Notre combat déterminé contre Daesh (acronyme du groupe Etat islamique, NDLR) (...) doit conduire à poursuivre avec détermination ceux qui cherchent à faire de vos lieux de culte des lieux de prêche de haine, voire d'appel à la violence", a-t-il lancé à ses convives. "Il vous appartient de combattre pied à pied sur le terrain théologique et religieux, de démasquer chaque fois que nécessaire l'usurpation de vos valeurs, la captation de l'histoire de votre religion, la négation de quinze siècles de travail d'interprétation réalisés par vos savants", a-t-il ajouté. 

Un "combat de la pensée et de la foi"

"Ce combat de la pensée et de la foi, il faut le poursuivre sur le terrain, tout particulièrement auprès des générations les plus jeunes", a-t-il poursuivi. Emmanuel Macron a fixé un "deuxième combat", celui dirigé contre "une pratique de l'islam qui organise une ségrégation au sein de la République: il faut être vigilant contre tout ce qui façonne des formes de repli identitaire".
    
"Troisième combat", a énuméré le président: la formation des imams, qu'"il importe de former sur le sol français et de façon adaptée aux valeurs de la République". Emmanuel Macron a aussi appelé le CFCM à renforcer sa représentativité, évoquant un dialogue "encore riche de défis" entre cette instance et l'Etat: "Je n'en sais guère aujourd'hui qui soit plus essentiel à notre République, et surtout plus urgent".   

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