Arabie saoudite, Emirats arabes unis, Bahreïn et Egypte ont mis au ban le Qatar, auquel ils reprochent de soutenir les Frères musulmans et de s’être rapproché de l’Iran.

Suite à l'interruption des liaisons aériennes, maritimes et terrestres avec le Qatar qui importe une grande partie de ses produits consommés et dont la seule frontière terrestre par laquelle transite 40 % de son approvisionnement alimentaire, l'Iran a déjà envoyé à cet émirat gazier cinq avions de denrées alimentaires.

Depuis le début de la crise, l'Iran a ouvert son espace aérien aux vols vers et en provenance du Qatar.

Contrat de 2,5 millions de dollars avec un cabinet américain

Les trois pays du Golfe ont coupé les liens de transit et donné aux Qataris deux semaines pour quitter leur territoire. Ce conflit diplomatique a séparé des familles et coupé des relations commerciales, suscitant l’inquiétude des travailleurs étrangers, notamment les Egyptiens, qui composent l’un des plus forts contingents d’expatriés au Qatar, quant à leur capacité à rester dans cet émirat.

A l’inverse, côté qatari, un communiqué ministériel diffusé ce week-end stipule qu’aucun changement n’a été décidé concernant les ressortissants des « pays frères et amis qui ont rompu ou réduit leurs relations diplomatiques, à la suite de campagnes malveillantes et hostiles envers le Qatar ».

Mais le gouvernement qatari s’active en coulisse et a fait appel au cabinet d’avocats d’un ancien ministre de la justice américain, John Ascroft, pour tenter de désamorcer la crise diplomatique avec ses voisins du Golfe et les Etats-Unis.

Le cabinet a conclu un contrat d’un montant de 2,5 millions de dollars et d’une durée de quatre-vingt-dix jours avec l’émirat, selon des documents remis au département (ministère) de la justice américain en vertu du Foreign Agents Registration Act, qui impose aux conseillers de clients étrangers de déclarer leurs activités.

Le Qatar cherche à démontrer l’authenticité de ses efforts en matière de lutte antiterroriste et à se conformer aux normes financières du Trésor américain. Le président états-unien, Donald Trump, a estimé vendredi que Doha soutenait historiquement le terrorisme « au plus haut niveau ».

La Russie a été samedi le dernier pays en date à appeler au dialogue pour éviter une escalade de la crise entre le Qatar et ses voisins du Golfe. « Nous sommes favorables à la résolution de tout désaccord par (…) le dialogue [car] nous ne pouvons pas nous satisfaire d’une situation où les relations entre nos partenaires se détériorent », a déclaré le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, en recevant le ministre des affaires étrangères qatari, Cheikh Mohamed Bin Abderrahmane Al-Thani, qui effectue une tournée à l’étranger pour défendre la position du petit émirat.

« Conséquences humanitaires »

La rupture du Qatar avec ses voisins se concrétise par l’interruption des liaisons aériennes, maritimes et terrestres avec le petit émirat gazier qui importe une grande partie de ses produits consommés.

Amnesty International a averti samedi qu’en appliquant de telles mesures, Riyad et ses alliés « jouaient » avec la vie de milliers d’habitants du Golfe, séparant des familles et détruisant les moyens de subsistance et d’éducation d’une partie de la population.

Le secrétaire d’Etat américain, Rex Tillerson, a pour sa part appelé vendredi Riyad et ses alliés à alléger le blocus qui « a des conséquences humanitaires ». « Nous constatons un manque de nourriture, des familles sont séparées de force et des enfants sont retirés de l’école. Nous estimons que ce sont des conséquences involontaires, surtout pendant le mois sacré du ramadan, mais on peut y remédier immédiatement », a-t-il déclaré.

S’exprimant quelques heures plus tard, le président Donald Trump a cependant adopté un ton plus ferme vis-à-vis du Qatar, l’exhortant à arrêter « immédiatement » de financer « le terrorisme ». « La nation du Qatar, malheureusement, a historiquement financé le terrorisme à un très haut niveau », a-t-il accusé devant la presse à la Maison Blanche.

Lundi 5 juin, l'Arabie saoudite, Bahreïn, l'Égypte et les Émirats arabes unis ont annoncé la rupture de leurs relations diplomatiques avec le Qatar. Les quatre pays ont accusé Doha de « déstabiliser la situation en matière de sécurité » et de « soutenir le terrorisme » au Proche-Orient.

Les autorités de la Libye, du Yémen, des Maldives, de la Mauritanie, de Maurice et des Comores leur ont emboîté le pas en annonçant qu'elles rompaient leurs relations avec le Qatar. Djibouti a abaissé le niveau des relations diplomatiques avec le Qatar et le Sénégal a rappelé son ambassadeur à Doha.

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