La Chine mène une forte repression sur la minorité ouïghoure, en majorité musulmane. Le gouvernement impute régulièrement à cette ethnie les attentats qui frappent le pays.

Victimes d’une chasse aux sorcières implacable qui a atteint son paroxysme il y a cinq ans, ces musulmans turcophones que Pékin s’emploie à faire rentrer dans le rang en usant et abusant de la manière forte, multipliant les restrictions à leur encontre et allant jusqu’à criminaliser le port de la barbe et du voile, mais aussi l’observation du jeûne du Ramadan et l’étude du Coran dans les écoles, subissent de plein fouet la dernière mesure liberticide sortie de son chapeau par l’Etat : les noms islamiques sont désormais proscrits, sous peine de se voir infliger un raffinement de cruauté par les autorités locales.

Le rouleau compresseur chinois, qui n’en finit pas d’écraser la liberté religieuse des Ouïghours, menace à présent de réduire en miettes leur droit à l’éducation, leurs prestations sociales, leur couverture maladie, si jamais ils s’obstinent à donner des prénoms musulmans à leurs enfants.

Cette oppression politique, qui se réfugie derrière le paravent de la lutte anti-terroriste pour sévir en toute impunité, s’enfonce dans la tyrannie de l’absurde en taxant d’ « extrémistes » de simples prénoms bien inoffensifs. Effaré, le Congrès mondial Ouïghour en exil en Allemagne s’insurge contre cette nouvelle sanction intolérable qui réduit comme peau de chagrin les libertés fondamentales des boucs émissaires tout désignés de Pékin.

Pour ajouter à l’accablement général, rappelons que cette interdiction des prénoms musulmans était ardemment appelée de ses vœux, en septembre dernier, par Eric Zemmour, le nostalgique fiévreux des salons feutrés du parisianisme, sans que cela offusque la patrie des droits de l’homme et son microcosme politico-médiatique…

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