Dans un entretien à Berbère TV diffusé vendredi, Hayette Hamidi, secrétaire nationale du parti Les Républicains et soutien de François Fillon à la présidentielle, tente de vendre l’image d’un candidat soucieux des intérêts de la communauté musulmane de France et d’un champion de la lutte contre la radicalisation. «Mon candidat, lance-t-elle d’emblée, n’a eu de cesse de rappeler que les Français de confession musulmane sont pris en otage par les radicaux.»

Pour cette militante d’origine algérienne, il y va de l’intérêt des Français musulmans de pouvoir faire le tri et dénoncer clairement ceux qui interprètent leur religion de façon complètement extrémiste. Elle constate néanmoins une prise de conscience «assumée» dans les quartiers populaires et sur les réseaux sociaux. Elle trouve que c’est à l’Etat de faire son travail «pour stopper une radicalisation qui est internationale et qui ne se fait pas dans les mosquées, comme on a tendance à nous le faire croire, ni même dans les familles, mais qui se fait souvent quand des jeunes se sentent perdus et se retrouvent pris dans des cercles qui leur lobotomisent le cerveau», soutient-elle.

Ne minimise-t-elle pas le rôle des mosquées ? Pour elle, «le ménage est en train de se faire puisqu’un certain nombre de mosquées salafistes ont été fermées parce qu’il y a des imams qui y prêchaient la haine de notre pays». Cela dit, elle croit que le gros de la radicalisation se fait sur les réseaux sociaux, qui, d’après elle, échappent à l’école, aux familles et aux responsables religieux.

Interrogée sur la possibilité d’interdire les financements étrangers pour la construction des mosquées, l’invitée de Berbère TV pense que c’est un «faux débat», mais n’a pas eu une réponse claire. «Je pense, affirme-t-elle, que la communauté nationale de confession musulmane a les capacités de construire ses propres lieux de culte. Si cet argent vient de pays connus pour financer le terrorisme, là il faut être très vigilant, mais ça peut venir du monde entier.» Elle estime que «c’est extrêmement minoritaire comme flux financiers».

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