Le sortant, chrétien d’origine chinoise, n’aura pas résisté aux appels d’extrémistes musulmans à voter pour Anies Baswedan, net vainqueur mercredi 19 avril du second tour de l’élection.

Le gouverneur chrétien sortant de Jakarta, en procès pour insulte à l’islam, a été nettement battu par son rival musulman mercredi, à l’issue d’un scrutin marqué par de fortes tensions religieuses en Indonésie, pays musulman le plus peuplé au monde.

Basuki Tjahaja Purnama, surnommé Ahok, a recueilli 42% des suffrages contre 58% pour l’ancien ministre de l’Education musulman Anies Baswedan, selon des estimations provisoires d’instituts de sondage basées sur le décompte de 100% des bulletins de vote.

Cette élection met en exergue l’influence croissante de musulmans conservateurs partisans d’une ligne dure dans ce pays de 255 millions d’habitants pratiquant en grande majorité une forme d’islam modéré. Des islamistes radicaux ont organisé ces derniers mois des manifestations de masse contre le candidat chrétien jugé pour blasphème.

Le scrutin était aussi un terrain d’affrontement entre grands acteurs politiques du pays qui considèrent l’influent poste de gouverneur de la capitale de 10 millions d’habitants comme un tremplin pour l’élection présidentielle de 2019.

Quelque 7,2 millions d’électeurs essentiellement musulmans étaient appelés à voter au second tour de scrutin, et plus de 60.000 membres des forces de l’ordre avaient été mobilisés pour faire face à tout débordement. Les résultats officiels seront annoncés début mai.

S’exprimant au cours d’une conférence de presse, Ahok a reconnu à mots couverts sa défaite en félicitant son rival.

«Je comprends que vous soyez tristes et déçus», a déclaré le gouverneur sortant en s’adressant à ceux qui l’ont soutenu.

Son rival s’est lui abstenu de tout triomphalisme lors d’une déclaration devant la presse: «nous attendons encore les résulats définitifs».

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