La 34e "Rencontre annuelle des musulmans de France" (RAMF), a ouvert vendredi près de Paris, sur fond de présidentielle et sous la houlette de l'Union des organisations islamiques de France (UOIF), qui veut redorer son image sous un nouveau nom, "Musulmans de France".

"Le sujet de cette année, c'est vous, les musulmans de France", a dit Amar Lasfar, président de l'organisation, à l'ouverture de la RAMF, intitulée cette année "Musulmans de France, foi, épanouissement, contributions". 

Quelque 170.000 entrées, pour environ 50.000 visiteurs individuels, sont attendues jusqu'à lundi soir au Parc des expositions du Bourget (Seine-Saint-Denis), pour ce rassemblement, plus importante manifestation musulmane d'Europe, entre forum politico-religieux et foire commerciale. 

"Cette rencontre est d'abord la vôtre", a ajouté M. Lasfar. "C'est une rencontre pour dire: voilà ce que nous sommes, ce que nous faisons, notre position sur un certain nombre de sujets". 

L'UOIF a justement programmé au Bourget un débat sur l'élection présidentielle, samedi après-midi, intitulé: "pour qui voter?

Mais, a prévenu Amar Lasfar: "Il n'y a pas de vote musulman dans ce pays. Les musulmans vont voter comme tout le monde. Aucune consigne ne sera donnée, nous ne sommes pas là pour instrumentaliser notre communauté"

Au programme : des dizaines de conférences sur des thèmes divers et variés, allant de la "prévention de la radicalisation" au "repli identitaire" en passant par "l'échec scolaire" (dans l'espace famille) ou la "foi" (au forum génér'action). On retrouvera par exemple une conférence samedi animée par Tareq Oubrou pour répondre à la question : "Un islam de France est-il possible ?". Samedi, on pourra assister à un café-débat autour de la question : "Egalité hommes/femmes : les textes en otage ?".

 

Et à quelques jours du premier tour de l'élection présidentielle, l'UOIF ne s'est pas privée de programmer au Bourget un débat sur l'élection présidentielle, samedi après-midi, avec un titre sans détour : "Pour qui voter?".  "Nous sommes une structure apolitique et n'avons jamais donné de consigne de vote. Le vote musulman, en France, n'existe pas en tant que vote structuré, organisé. Mais en tant que citoyens, il est normal que nous nous intéressions à un scrutin aussi important", fait valoir à l'AFP le président de l'UOIF, Amar Lasfar.

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