Interrogé aujourd’hui par la chaîne d'informations Mir 24 sur la qualité des relations entre Washington et Moscou, le président russe, Vladimir Poutine, a déclaré qu'«on peut dire que le degré de confiance dans nos relations de travail, notamment dans le domaine militaire, ne s'est pas amélioré mais qu'au contraire il s'est dégradé». Poutine laisse entendre que le monde était plus sûr lorsque Barack Obama était à la Maison-Blanche.

La tension entre la Russie et les Etats-Unis est montée à son paroxysme après l'attaque chimique présumée de Khan Cheikhoun et la volte-face du président américain, qui a ordonné le premier bombardement de l'armée syrienne depuis le début du conflit il y a six ans. A l’occasion, Vladimir Poutine a répété une nouvelle fois qu'il ne voyait aucun élément prouvant la responsabilité de Damas dans cette attaque. Pour lui, la faute incombe aux rebelles dans la mesure où, a-t-il dit, l'armée syrienne ne dispose plus d'armes chimiques depuis le démantèlement de son arsenal sous supervision internationale. 

Poutine a déjà mis en garde, mardi, contre des «provocations» en préparation de la part des rebelles qui utiliseraient des armes chimiques pour mettre ensuite Damas en cause. «Cela ressemble beaucoup aux événements de 2003 quand, lors d'une réunion du Conseil de sécurité, on a parlé des soi-disant armes chimiques qui auraient été retrouvées en Irak. Après cela a été lancée une campagne militaire en Irak qui s'est soldée par la destruction de l’Irak, par l'aggravation de la menace terroriste et l’apparition de Daesh à l’échelle mondiale. La même chose a désormais lieu en Syrie», a déclaré le président russe lors d'une conférence de presse avec le président italien, Sergio Mattarella, à l’issue de leur rencontre.

Le président russe a précisé, en outre, que ses services ont reçu «des informations de différentes sources», selon lesquelles des provocations de ce genre sont aussi en préparation dans d'autres régions de Syrie, notamment dans les banlieues sud de Damas. «Des armes chimiques pourraient être utilisées dans le but de compromettre les autorités syriennes», a-t-il martelé. La Russie avait, rappelle-t-on, qualifié les bombardements américains d'«acte d’agression usant d'un prétexte artificiel contre un pays souverain et membre de l'ONU». Cette semaine, Moscou a bien fait comprendre qu’elle ne lâcherait pas le gouvernement syrien.

A mentionner que le président Poutine a finalement reçu, hier, au Kremlin le secrétaire d'Etat américain, Rex Tillerson. La rencontre, qui n'était pas prévue au programme de la visite du responsable américain, est intervenue après plusieurs heures de négociations entre les chefs de la diplomatie des deux puissances.

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