La haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Federica Mogherini, a affirmé que les frappes américaines en Syrie n’avaient aucune justification légale.

Federica Mogherini a déclaré ce vendredi 7 avril que les dirigeants européens saluaient le fait que les États-Unis considéraient l’utilisation d’armes chimiques comme une ligne rouge, mais que l’UE estimait que le dialogue était la seule solution à la crise syrienne.

Mogherini a ajouté que les frappes américaines contre la base aérienne de Shayrat en Syrie avaient été menées pour dissuader l’utilisation d’armes chimiques meurtrières.

« Les USA nous ont aussi informés que ces frappes étaient limitées et visaient à prévenir et à dissuader tout nouveau recours aux atrocités des armes chimiques », ajoute-t-elle dans un communiqué, cité par le journal libanais L’Orient-Le Jour.

Elle a affirmé que les actions devaient s’inscrire dans le cadre des Nations unies et être menées avec son autorisation.

Elle a ainsi reconnu que cette attaque avait eu lieu sans autorisation et qu’elle n’avait aucune justification légale.

Dans la nuit de jeudi à vendredi, l’armée américaine a tiré, depuis ses navires déployés en Méditerranée, 59 missiles Tomahawk sur la base aérienne de l’armée syrienne à Shayrat, dans la province de Homs.

Selon le rapport de l’agence officielle syrienne SANA, 9 civils, dont des enfants, ont été tués lors de ces frappes.

Peu après cette agression, les daechistes ont retrouvé un nouveau souffle en attaquant la ville antique de Palmyre.

Vu la situation stratégique de Shayrat, la Russie et la Syrie ont l’intention de moderniser cette base aérienne et d’y déployer des avions sophistiqués et des systèmes de défense aérienne S-400.

L’Arabie saoudite, Israël et la Turquie ont apporté leur soutien aux frappes américaines.

Les groupes terroristes ont de leur côté déclaré que ces frappes ne suffisaient pas et qu’elles devaient se poursuivre contre le gouvernement syrien.

Les États-Unis prétendent avoir perpétré ces frappes en représailles à la récente attaque à Khan Cheikhoun.

Mardi dernier, une attaque suspecte au gaz sarin dans la ville de Khan Cheikhoun, dans le nord-ouest de la Syrie, a fait au moins 86 morts.

L’opposition syrienne et certains pays occidentaux, dont les États-Unis, ont tenu le gouvernement syrien pour responsable de cette attaque.

L’armée syrienne a démenti mardi dans un communiqué toutes ces accusations et affirmé qu’elle n’avait jamais utilisé d’armes chimiques. 

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