Justin Trudeau a déclaré aux Communes avoir parlé plus tôt ce matin au président Donald Trump pour lui dire de vive voix qu'il appuyait « pleinement l'intervention limitée et ciblée » menée par les États-Unis afin d'affaiblir le régime de Bachar Al-Assad. Le Canada entend poursuivre, avec ses partenaires internationaux, les efforts diplomatiques pour résoudre la crise en Syrie, a ajouté le premier ministre.

«Ce (vendredi) matin, j'ai parlé directement au président (Donald Trump) et j'ai insisté sur le fait que l'utilisation répétée d'armes chimiques par (Bachar el) Assad doit cesser», a-t-il affirmé lors de la période des questions.

«Face à ces crimes de guerre, toutes les sociétés civilisées doivent parler d'une seule voix, a-t-il poursuivi. C'est pourquoi le Canada appuie pleinement l'intervention limitée et ciblée que les États-Unis ont menée en vue de réduire la capacité du régime Assad de perpétrer de telles attaques.»

MM. Trudeau et Trump se sont engagés à chercher une «solution politique» pour mettre fin à la crise en Syrie, selon le bureau du premier ministre.

 

Le secrétaire d'État américain à la Défense, James Mattis, a informé le ministre de la Défense, Harjit Sajjan, jeudi soir que ces frappes auraient lieu. Le ministre a ensuite avisé le premier ministre.

Les États-Unis ont lancé environ 60 missiles en Syrie jeudi soir en guise de représailles contre les attaques à l'arme chimique menées par le régime sur des civils trois jours plus tôt.

Le premier ministre Trudeau avait préalablement donné son appui à ces frappes américaines par voie de communiqué, y voyant une intervention «limitée et ciblée» pour «affaiblir la capacité du régime Assad de perpétrer des attaques aux armes chimiques contre des civils innocents, dont de nombreux enfants».

«Nous continuons de soutenir les efforts diplomatiques de concert avec nos partenaires internationaux afin de résoudre la crise en Syrie», a-t-il ajouté lors de la période des questions.

Quelque 60 missiles Tomahawk ont été tirés par l'armée américaine depuis des navires de guerre en Méditerranée en direction de la base aérienne de Shayrat, au sud-est de Homs, d'où auraient décollé les avions qui ont mené l'attaque à l'arme chimique.

Sept personnes auraient été tuées et neuf autres blessées, selon l'armée syrienne. L'Observatoire syrien des droits de la personne, à Londres, évoque également un bilan de sept morts, dont un général et trois soldats.

La chef du Parti conservateur du Canada, Rona Ambrose, a appuyé ces frappes américaines par voie de communiqué, appelant au passage Justin Trudeau à prendre des mesures concrètes contre le régime de Bachar el-Assad.

«Le Parti conservateur du Canada appuie fermement cet effort des États-Unis pour empêcher l'armée syrienne de perpétrer d'autres attaques à l'arme chimique, a affirmé Mme Ambrose. La communauté internationale ne peut pas rester sans rien faire alors que des gaz neurotoxiques sont lancés sur une population civile innocente.»

Elle a ajouté que le Conseil de sécurité des Nations unies est incapable de régler le conflit syrien.

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