Les préjugés concernant les musulmans ont la vie dure.À la suite de la fusillade au Centre culturel islamique de Québec, la plupart des Québécois et Canadiens ont dit avoir ressenti une plus grande compassion à l'endroit de la communauté musulmane. Or, malgré cette ouverture, les préjugés face aux musulmans semblent encore bien présents dans la population, révèle un sondage CROP réalisé pour le compte de Radio-Canada.

Selon les résultats de ce sondage, bien que la population ressente plus de compassion à la suite de la fusillade au Centre culturel islamique de Québec, un répondant sur deux a affirmé qu’il ne serait pas ébranlé si des événements semblables à la fusillade décourageaient les musulmans de venir s’installer ici.

Également, des 2513 personnes sondées, 67 % des Québécois et 61 % des Canadiens estiment que les musulmans qui demandent des accommodements religieux ne veulent pas vraiment s’intégrer et considèrent aussi que la colère à leur égard est justifiée.

Le sondage a été effectué en ligne auprès d’un échantillon de 2 513 personnes au Canada, dont 1 024 habitants de Québec. Il a été réalisé du 27 au 30 janvier, puis a été interrompu à cause de l’attentat du Centre culturel islamique de Québec. La seconde partie du sondage a été faite du 14 au 20 février.

Les résultats de l’enquête sont assez surprenants : 80% des sondés ont ressenti de la compassion pour les musulmans après l’attentat. Mais près d’une personne sur deux ne serait pas ébranlée si cet événement dissuadait les musulmans de s’installer au Canada.

De plus, la religion musulmane n’est pas vue du bon œil. Par exemple, 61% des Canadiens et 67% des Québécois estiment que la construction d’accommodements musulmans démontre que les musulmans ne souhaitent pas s’intégrer à la société. Avant les attentats, 68% des Québécois étaient réticents à la construction d’une mosquée dans leur voisinage. Après les attentats, le chiffre a légèrement diminué puisque 57% disent être opposé à cette idée.

Selon Alain Giguère, ce sondage confirme que la société québécoise est toujours divisée face à la communauté musulmane.

« Je ne sais pas quel genre d’initiative sociale on pourrait mettre en place afin d’accroître l’explication du public pour qu’il voit davantage l’être humain derrière le symbole quand il regarde un musulman. Enfin, on n’est pas partis pour ça à court terme », dit le président de la firme CROP.

Dans tout ça « il y a un humanisme malgré tout », souligne M. Giguère qui évoque le résultat du sondage selon lequel la plupart des Québécois et des autres Canadiens disent avoir un jugement plus nuancé sur les différences religieuses et ressentir davantage de compassion à l’endroit de la communauté musulmane après la fusillade du 29 janvier.

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