Hier soir, le président turc Recep Tayyip Erdogan a directement accusé la chancelière allemande Angela Merkel de "soutenir les terroristes". Rien ne va décidément plus entre la Turquie et plusieurs pays de l'Union européenne.

« Madame Merkel, pourquoi cachez-vous des terroristes dans votre pays ? Pourquoi ne faites-vous rien ? » C’est de but en blanc que le président Erdogan a interpellé hier soir, au cours d’une interview télévisée sur la chaîne turque A-Haber, la chancelière allemande. Objet du courroux présidentiel : l’absence de réaction de Berlin à l’envoi par Ankara de quelque 4500 rapports sur de présumés terroristes. Ce qui a amené Erdogan, en direct à la télévision, à tirer comme conclusion : « Madame Merkel, vous soutenez les terroristes ». Du côté allemand, on préfère jouer l’accalmie – ou l’autruche, selon les points de vue. « Ces reproches sont évidemment aberrants (…) », a réagi le porte-parole de la Chancellerie, Steffen Seibert, par un bref communiqué écrit. « La chancelière n’a pas l’intention de participer à un concours de provocations. » Erdogan est particulièrement remonté contre l’Allemagne, qu’il dénonce d’abriter des activistes kurdes et des suspects du putsch avorté du 15 juillet 2016, qualifiant même cet appui « d’implacable ».

Les autorités allemandes ont aussi empêché la semaine dernière la tenue de tels meetings, provoquant la fureur d'Ankara.

Faisant référence à cette situation, Recep Tayyip Erdogan a réitéré sa comparaison avec l'Allemagne nazie.

«Du nazisme, nous pouvons appeler ça du néonazisme. Une nouvelle tendance du nazisme», a-t-il dit.

Merkel juge les accusations d'Erdogan «aberrantes»

Angela Merkel a jugé «aberrantes» les accusations du président turc Recep Tayyip Erdogan et refuse la surenchère, selon son porte-parole Steffen Seibert.

«La chancelière n'a pas l'intention de participer à un concours de provocations», a-t-il indiqué. «Elle n'y participe pas», a-t-il ajouté. «Ces reproches sont manifestement aberrants», a conclu Steffen Seibert dans une très courte déclaration écrite, alors que les tensions entre Ankara et plusieurs pays européens sont très vives.

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