Face à Wauquiez, qui l'a accusé de mollesse vis-à-vis du communautarisme, Hamon s'est érigé en défenseur acharné de la loi de 1905.

Laurent Wauquiez était invité à débattre avec Benoît Hamon, l’homme du jour dans « L’Émission politique » sur France 2. L’élu Les Républicains a emmené le candidat à la présidentielle sur le terrain de l’islam lui reprochant d’être trop « laxiste » avec les milieux fondamentalistes. Benoît Hamon s’est défendu accusant le président de région de ressembler au FN.

Le président du conseil régional d'Auvergne-Rhône-Alpes a mis sur la table deux thèmes brûlants : laïcité et immigration. Avec l'idée de peindre Hamon en candidat faible, sinon complice face au communautarisme et à l'islam radical. D'emblée, Wauquiez attaque en citant ce reportage de France 2 fait à Sevran il y a deux mois, montrant des femmes dans l'impossibilité d'entrer dans certains cafés, sous la pression des hommes. "Ce qui m'a choqué, c'est votre réaction. Vous avez dit : c'est comme dans les quartiers ouvriers", lance l'élu Les Républicains, reprenant des mots tenus à l'époque par Hamon. Lequel réplique :

"Au fond, pour la droite, le sexisme serait apparu le jour où les musulmans seraient arrivés en France. Le sexisme était là avant, il sera là après." 

Laurent Wauquiez élargit alors un peu son propos et pose son désaccord de fond avec Hamon. "Je pense que vous sous-estimez les problématiques du communautarisme et de l'immigration [...]. Vous êtes prêt à beaucoup d'accommodements sur le sujet du communautarisme. Ma position est beaucoup plus nette : ce n'est pas à la République de s'adapter à l'islam, mais l'inverse. Je ne suis pas sûr que vous partagez ces convictions."

"Je serai intransigeant à l'égard de ceux voulant remettre en cause la liberté de conscience mais également d'opinion même religieuse. C'est la raison pour laquelle j'ai dit que la loi de 1905, probablement la plus belle loi de la République, permet et doit permettre à une jeune femme dans n'importe quel quartier de la République de se promener où elle souhaite et habillée comme elle le souhaite", énonce Hamon. 

L'élu Les Républicains fait alors glisser le débat sur la question du voile et rappelle qu'en 2010, Benoît Hamon, qui n'était pas député, s'était dit opposé à l'interdiction du voile intégral dans l'espace public. L'intéressé précise alors qu'il n'a pas l'intention de revenir sur cette loi. Et durcit le ton face à Wauquiez, qu'il qualifie de "joli hologramme de Marine Le Pen".

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