Donald Trump et ses décrets migratoires font peut-être renoncer certains à leurs projets de vacances aux Etats-Unis, mais la baisse est due aussi à la hausse du dollar et devrait être limitée, selon les spécialistes.

Le texte du nouveau décret de Trump sur l'immigration –surnommé «muslim ban» ou interdiction des musulmans– précise que l'interdiction du territoire de certains ressortissants n'est pas «motivée par une hostilité envers une quelconque religion.» Ce genre de discrimination religieuse serait, en effet, illégale, mais les détenteurs de passeports originaires de six pays à majorité musulmane (Iran, Syrie, Yemen, Soudan, Somalie, Libye) demeurent interdits du territoire américain pendant trois mois (sauf ceux qui ont des visas et des cartes vertes, contrairement à la première version du texte).

Cependant, une phrase du texte semble bien suggérer que l'islam est visé. En effet, le décret oblige le Ministère de la sécurité intérieure (Homeland security) à publier «des informations sur le nombre et les types d'actes de violence commis contre les femmes aux Etats-Unis par des étrangers, y compris ce qu'on appelle les "crimes d'honneur"», des crimes courants dans plusieurs pays musulmans mais très rares aux États-Unis.

Cette décision a priori sans rapport avec le décret migratoire rappelle une autre initiative mise en place par l'administration Trump. Le premier décret anti-immigration du président avait annoncé que le ministère de la Sécurité intérieure publierait chaque semaine «une liste complète des actions criminelles commises par les immigrés». 

L'idée que l'islam encourage la violence envers les femmes est l'une des attaques favorites de la sphère islamophobe depuis des années. La semaine dernière encore, un législateur républicain de l'Oklahoma a visé les électeurs musulmans avec un questionnaire qui demandait, entre autres, s'ils battaient leur femme. John Bennett, qui avait notamment suggéré que Hillary Clinton devrait être installée devant un peloton d'exécution, a expliqué que ses questions étaient basées "sur des passages du Coran et autres textes islamiques".

Quand les gens décident de répandre la peur autour de crimes musulmans -et insinuent qu'en venant d'Iran, Libye, Somalie, Soudan, Syrie ou Yemen, les pays à majorité musulmane qui sont visés par le décret de Trump, on est davantage susceptible de se livrer à des crimes envers les femmes- les intentions sont claires.

"Ce fantôme de la femme vulnérable (et souvent blanche) menacée par un homme brutal basané est une très vieille justification au racisme", a écrit sur Twitter l'écrivaine féministe Jill Filipovic après avoir vu la nouvelle version du décret. L'histoire aux États-Unis nous a aussi montré l'impact dramatique qu'ont eu les accusations de viols, par des femmes blanches, envers les hommes noirs.

Le Soudan a exprimé mardi "ses profonds regrets et son mécontentement" concernant le décret pris par le président américain Donald Trump qui interdit l'entrée de ses ressortissants sur le sol américain pendant 90 jours.

"Les citoyens soudanais n'ont jamais été liés à aucun crime ou acte terroriste commis aux Etats-Unis", précise le texte, en appelant Washington à revenir sur "cette décision sévère" frappant les Soudanais.

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