Le parti du chef de l’Autorité palestinienne affirme que sa page a été fermée en raison d’une photo d’Arafat tenant un fusil ayant appartenu à un soldat israélien kidnappé dans les années 1980 par les Palestiniens à Beyrouth.

«Nous avons reçu un message signalant que notre page contrevenait aux règlements de Facebook», a expliqué à l’AFP Mounir al-Jaghoub, chargé des médias au sein du Fatah et lui-même l’un des administrateurs de la page fermée.

Les comptes des douze administrateurs de la page qui comptait selon M. Jaghoub 70 000 abonnés, ont également été fermés pour une durée de 30 jours.

Au message envoyé par Facebook, poursuit-il, était jointe une photo d’Arafat tenant en main un fusil ayant appartenu à un soldat israélien kidnappé dans les années 1980 par les Palestiniens à Beyrouth, au Liban. À ses côtés sur ce cliché figure Mahmoud al-Alloul, récemment élu vice-président du Fatah.

Les Israéliens accusent régulièrement les Palestiniens, et notamment la direction palestinienne tenue par le Fatah, d’inciter à la violence sur les réseaux sociaux. À l’automne, une délégation de Facebook s’était rendue en Israël et avait rencontré plusieurs ministres qui plaident pour criminaliser certains comportements sur Facebook ou sur internet.

Les militants pro-palestiniens accusent régulièrement le géant des réseaux sociaux de censure et de parti pris. En septembre, après la fermeture de plusieurs pages liées à des sites d’information palestiniens, Facebook avait dû s’excuser, plaidant l’erreur.

La fermeture de la page officielle du Fatah fait suite à une série de mesures prises par Facebook pour réprimer les incitations palestiniennes à la violence sur sa plateforme.

En janvier, Facebook avait fermé plus de 100 pages appartenant ou sympathisant avec le Hamas, le groupe terroriste qui contrôle la bande de Gaza.

Le Hamas avait répondu en demandant à ses partisans de trouver d’autres réseaux sociaux.

En avril dernier, Facebook avait fermé la page du porte-parole de la branche armée du Hamas, les brigades Ezzedine al-Qassam.

Israël a accusé Facebook de faciliter l’incitation palestinienne à la violence contre les Israéliens, notamment après des centaines d’attaques qui ont commencé en octobre 2015. Selon les services de sécurité, elles ont été alimentées par les incitations en ligne à la violence.

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