Bernard Cazeneuve entame ce mardi une visite de trois jours en Chine. Le chef du gouvernement se rend chez le géant asiatique pour sa première grande visite diplomatique hors du Vieux Continent.

Bernard Cazeneuve honore une invitation faite à son prédécesseur Manuel Valls avant son départ de Matignon.
Le Premier Ministre arrive à Pékin dans une atmosphère diplomatique bousculée par l'arrivée à la Maison-Blanche d'un M. Trump aux positions de campagne hostiles aux Chinois.
Les passes d'armes sur Taïwan et le fait que Donald Trump ait attendu trois semaines pour joindre son homologue chinois Xi Jinping, après une bonne douzaine de dirigeants mondiaux, ont froissé la seconde puissance économique mondiale.

"On voit que la Chine s'efforce de répondre davantage aux inquiétudes de l'UE", notamment sur ses barrières protectionnistes et sur les restrictions imposées par le régime aux firmes étrangères, indique une source diplomatique.

Alors que la Chine suit de près l'élection présidentielle française et l'hypothèse d'une victoire de Marine Le Pen, le Premier ministre a donné des gages sur l'attachement français au libre-échange, en critiquant le "recroquevillement" du "protectionnisme" porté par "certains populistes". "Nous cédons trop souvent à la tentation de critiquer la mondialisation. Nous devrions souligner davantage les bienfaits qu'elle nous apporte", a-t-il affirmé, en disant la "bienvenue" aux investissements, aux étudiants et aux touristes chinois en France.

Dans une interview au média économique chinois Caixin, publiée simultanément à son arrivée, Bernard Cazeneuve estime qu'un "rééquilibrage par le haut" des relations commerciales franco-chinoises passe notamment par une "plus grande ouverture du marché chinois aux exportations françaises". Et ce "pour que les produits français bénéficient des mêmes conditions que les produits chinois sur le marché européen, le plus ouvert du monde", a insisté le Premier ministre, demandant par exemple un meilleur accès pour les films français en Chine.

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