Un document de WikiLeaks révèle que les Etats-Unis voulaient connaître le profil du probable président de la République après la défaite annoncée de Sarkozy.

Nicolas Sarkozy pourra-t-il se faire réélire en 2012? Quelle est la position des autres candidats vis-à-vis des États-Unis? Quels sont leurs programmes économiques? Un document publié jeudi 16 février par Wikileaks, en partenariat avec MédiapartLibération et La Repubblica dévoile les instructions et demandes de la CIA à l'Agence Nationale de la Sécurité (NSA) sur l'élection présidentielle française de 2012.

"Interactions entre Sarkozy et ses conseillers", "principales sources de financement" des candidats, évolution ("schisme ou alliance") du parti de l'UMP, mais aussi les positions des candidats sur les Etats-Unis et la crise en Europe... "Des informations additionnelles sur ces sujets aideront les analystes à estimer, et préparer les décideurs politiques clés pour le paysage post-électoral français et l'impact potentiel sur les relations américano-françaises", justifie la CIA dans ses documents.

Comme l'indiquent les sigles et notes du document dévoilé, les agences de renseignement estiment que les informations relèvent de sujets "stratégiques" pouvant "potentiellement gravement endommager les États-Unis ou leurs intérêts". De ce fait, seules trois agences sont censées recevoir l'intégralité des renseignements: la CIA, le Bureau de Recherche et de renseignement du département d'État (équivalent du ministère des Affaires Etrangères français) et la section européenne de l'Agence de renseignement de la défense.

« L’UMP pas certaine de remporter l’élection »

Les analystes de la CIA estimaient également que «  l’Union pour un mouvement populaire (UMP), le parti au pouvoir, n’est pas certaine de remporter l’élection présidentielle  ». Ils réclamaient des «  éléments essentiels d’information (…)  » et des «  informations additionnelles  » sur la stratégie du PS, de l’UMP, du FN, de Dominique Strauss-Kahn, de Nicolas Sarkozy, de Martine Aubry, de François Hollande et de Marine Le Pen. L’objectif selon le document était «  d’évaluer le paysage politique français post-électoral et l’impact potentiel sur les relations Etats-Unis-France, et aux principaux décideurs américains de s’y préparer  ».

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