Après 24 heures de mutisme, l'Égyptien de 29 ans a livré lundi une première version des faits et confirmé son identité. Les policiers essaient de comprendre pourquoi il est venu de Dubaï pour attaquer à la machette quatre militaires dans les sous-sols du Carrousel.

A l’occasion d’une troisième audition, le gardé à vue a accepté de commencer à répondre aux enquêteurs et développant « sa première version des faits ». Le suspect, qui a été grièvement blessé par les tirs des militaires vendredi, est hospitalisé à l’hôpital Georges-Pompidou à Paris, où il a été placé en garde à vue samedi après avoir été jugé en état d’être interrogé. Entendu à deux reprises dimanche, il avait alors refusé de parler à la police.

«Il a développé sa première version des faits», précise la même source. Il doit notamment expliquer pourquoi ce père de famille, dont la femme est enceinte, est venu de Dubaï avant de perpétrer une attaque aussi rudimentaire. Les policiers essaient aussi de comprendre les raisons pour lesquelles il s'est lancé, du haut de son 1,65 mètre, à l'assaut de quatre solides chasseurs parachutistes rompus au close-combat et armés de fusils d'assaut. En outre, il va devoir s'expliquer sur de possibles liens avec les «frères en Syrie», dont il a parlé sur son compte Facebook, mais aussi avec Daech, auquel il fait référence dans un ultime tweet en citant Abou Mohammed al-Adnani, «ministre des attentats» de l'État islamique tué en août dernier.

Des bombes de peintures et deux téléphones portables

Enfin, le terroriste a dû justifier la possession de bombes de peintures retrouvées dans son sac à dos et qui auraient pu servir à maculer des œuvres d'art considérées par les islamistes comme l'expression d'un Occident décadent.

La section antiterroriste (SAT) de la brigade criminelle et la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) continuent d'exploiter la moisson d'indices récoltés, dans l'enquête lancée à vive allure vendredi avec la découverte de sa «planque», un appartement cossu loué 1700 euros rue de Ponthieu, près des Champs-Élysées. Le parcours parisien de l'islamiste présumé est retracé grâce au GPS de la Renault Mégane louée dans une agence du VIIIe arrondissement et ses deux téléphones, un iPhone 7 et un mobile retrouvé dans sa veste, sont explorés.

Comme ils le font dès qu'une affaire a un contour international, policiers et magistrats ont amorcé des coopérations policières et des demandes d'entraides judiciaires avec leurs homologues en Turquie, dans les Émirats arabes unis et en Égypte.

Comme le prévoit la loi dans le domaine antiterroriste, Abdallah el-Hamahmy dispose de 96 heures pour soulager sa conscience et préciser ses motivations. C'est-à-dire jusqu'à ce mercredi soir en théorie.

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