L'horreur et l'incompréhension dominent au Québec après le massacre qui a fait six morts dans une mosquée, pour lequel un étudiant, connu pour ses idées nationalistes, a été inculpé.

Le tueur présumé, âgé de 27 ans, est décrit comme quelqu'un de "solitaire", aux idées politiques "très à droite". Il a été mis en examen après la fusillade qui a fait six morts, dimanche, parmi des fidèles musulmans.

Selon le quotidien québécois La Presse, le suspect serait un étudiant en science politique qui a contacté la police pour se rendre peu après l’attaque. La police n’a pas immédiatement expliqué les raisons de ce revirement dans l’enquête, à savoir si la fusillade était l’œuvre d’un seul tireur ou si un deuxième tireur était toujours dans la nature.

« C'est terrible pour la communauté, c'est terrible pour le Québec, c'est terrible pour le vivre-ensemble », a confié à l'Agence France-Presse Mohamed Ali Saïdane, venu lundi participer à un rassemblement des élus et des représentants des associations de musulmans à l'hôtel de ville. Vivant depuis plus de trente ans au Québec, fonctionnaire du gouvernement québécois, il a perdu des amis comme Ezzedine Sophiane, qui « s'est levé, a essayé d'arrêter » le tireur, mais a été tué, laissant trois orphelins. Les six personnes tuées étaient toutes des Canadiens binationaux, a indiqué Mohamed Labidi, vice-président du Centre culturel islamique de Québec. « Il y a deux Marocains, un ou deux Algériens, un Tunisien et peut-être deux [personnes originaires] de l'Afrique subsaharienne », a déclaré Mohamed Labidi en marge d'une rencontre avec les autorités à la mairie de Québec.

Selon l'université de Laval, Alexandre Bissonnette suivait un cursus en sciences politiques, après avoir effectué un passage en anthropologie. Amateur de chasse, et propriétaire d’armes à feu, il est connu pour ses idées politiques "pro-Israël","pro-Trump", et "anti-immigration", a vérifié Le Journal de Québec

Sur son profil Facebook, avant qu'il soit rendu inaccessible, la presse québecoise a notamment retrouvé des liens vers les pages de Marine Le Pen. "Il avait un mécontentement permanent contre la gauche", se souvient un homme qui a eu l'occasion de parler politique avec lui. Après le drame, Alexandre Bissonnette a d'ailleurs immédiatement contacté les policiers pour les informer sur ses idéaux "très à droite et ultra-nationaliste suprématiste blanc", explique Le Journal de MontréalDepuis un mois, "il ne répondait plus au téléphone, ni aux messages Facebook".

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