Le président américain Donald Trump pourrait, entre autres, proposer d'imposer une taxe de 20% sur toutes les importations en provenance du Mexique afin de financer la construction du mur à la frontière entre les deux pays, a déclaré jeudi le porte-parole de la Maison Blanche Sean Spicer.

Rien ne va plus entre le Mexique et les États-Unis. La relation entre les deux pays s'est détériorée depuis que le président américain Donald Trump a signé mercredi un décret donnant le coup d'envoi, symbolique à ce stade, du projet de construction d'un mur renforcé le long de l'immense frontière avec le Mexique. Et la tension est encore montée d'un cran jeudi après que le porte-parole de la Maison Blanche, Sean Spicer, a évoqué la mise en place d'une taxe de 20% sur les produits mexicains pour en financer la construction. «En faisant cela, nous pouvons récolter 10 milliards de dollars par an et facilement payer pour le mur grâce à ce seul mécanisme», a-t-il déclaré.

"Nous allons travailler sur un projet de loi fiscal qui va réduire notre déficit commercial, accroître les exportations américaines et générer des recettes qui paieront pour le mur si nous empruntons cette voie", a déclaré jeudi M. Trump à Philadelphie.
Des observateurs font toutefois remarquer que si le président des Etats-Unis a toute l'autorité pour décider de telles taxes, il ne peut en créer de nouvelles dans le cadre de l'Accord de libre-échange américain (ALENA) qui a fait disparaître les barrières douanières entre le Canada, les Etats-Unis et le Mexique.
S'il maintient cette décision, il devra d'abord se retirer de l'ALENA. Après notification, il faudra attendre six mois pour la mettre en oeuvre.
La construction de ce mur -et son financement par le Mexique- est un élément central des promesses de campagne de M. Trump. Ce dernier a signé mercredi un décret présidentiel ordonnant l'érection d'une "grande barrière physique" entre les deux pays.
Il avait répété mercredi dans une interview que cette construction débuterait dès que possible, avec l'argent de Washington, mais que le Mexique remboursera "à 100%" les travaux "à une date ultérieure". Le Mexique s'y est toujours opposé.

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