Après l'affaire du PenelopeGate et les soupçons d'emploi fictif accordé à sa femme, François Fillon pourrait se retrouver au milieu d'une nouvelle affaire embarrassante. Celle de fonds publics détournés au sénat par plusieurs sénateurs UMP.

Mediapart établit un lien entre le candidat du parti Les Républicains à l'élection présidentielle, déjà mis en difficulté par les soupçons d'emploi fictif accordé à son épouse Pénélope, et une enquête ouverte par la justice sur les pratiques du groupe Les Républicains au Sénat.

Le site d'investigation évoque des "témoignages et documents comptables" selon lesquels François Fillon a profité d'un "mécanisme clandestin de captation de fonds publics" lorsqu'il était sénateur (entre 2005 et 2007).

"Les sommes siphonnées entre 2005 et 2007 par l’actuel candidat LR à la présidentielle ne dépassent sans doute pas les 25 000 euros mais des juges d’instruction ont d’ores et déjà estimé que le stratagème utilisé, partagé avec nombre de sénateurs UMP entre 2003 et 2014, pouvait relever d’une infraction pénale", précise Mediapart.

En décembre, le sénateur Henri de Raincourt a été mis en examen après avoir reçu 4.000 euros mensuels de la part de son groupe, en plus de sa rémunération, entre 2008 et 2011.

Il aurait bénéficié de 25.000 euros au total

Le candidat à la présidentielle aurait ainsi bénéficié de sommes dont le montant total s'élève à environ 25.000 euros. Concrètement, les parlementaires ont la possibilité de déléguer à leur groupe politique, structure qui se charge d'organiser le travail entre élus d'une même étiquette, l'argent non utilisé dont ils disposent pour rémunérer leurs assistants. Le Sénat tolère ces transferts d'argent. Mais entre 2003 et 2014, des sénateurs UMP auraient récupéré un tiers du crédit reversé au groupe politique. 

"Selon les années et les courants politiques auxquels appartenaient les bénéficiaires, ces sommes ont pu suivre divers circuits, être directement distribuées par le groupe UMP ou bien transiter par une association fantoche baptisée Union républicaine du Sénat (URS), plus discrète, qui se chargeait de signer les chèques", poursuit Mediapart.

L'entourage du candidat n'a pas souhaité commenter ces révélations auprès du site, qui précise qu'au total, les sommes détournées "se comptent en millions d'euros".

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