Les réactions ont fusé après la décision du président américain de fermer l’accès des Etats-Unis aux réfugiés et ressortissants de certains pays musulmans. Première victoire devant un tribunal new-yorkais: la mesure controversée est en partie suspendue.

Après l’annonce vendredi 27 janvier par Donald Trump d’un sérieux tour de vis en matière d’immigration, l’ONU appelé samedi le nouveau président américain à poursuivre la longue tradition d’accueil des réfugiés aux États-Unis et à ne pas faire de distinction de race, de nationalité ou de religion.

« Longue tradition de protection »

Dans une déclaration conjointe, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR) ont rappelé que « le programme américain de réinsertion est l’un des plus importants dans le monde ».

« Les places de réinsertion offertes par chaque pays sont vitales. L’OIM et le HCR espèrent que les États-Unis vont continuer à jouer leur rôle important de leader et poursuivre leur longue tradition de protection de ceux qui fuient les conflits et les persécutions », ajoute leur déclaration.

En marge d'un sommet européen, le président français a appelé l'Union européenne à faire bloc contre la politique du nouveau locataire de la Maison Blanche, ce samedi.

François Hollande hausse le ton. Le président français estime qu'il faut répondre "avec fermeté" à Donald Trump, après les déclarations récentes du président américain sur le Brexit, dont il avait estimé qu'il s'agissait d'une "chose merveilleuse". 

"Lorsqu'il y a des déclarations qui viennent du président des Etats-Unis sur l'Europe et lorsqu'il parle du modèle du Brexit pour d'autres pays, je crois que nous devons lui répondre", a lancé le président français, en marge d'un sommet de sept pays du sud, ce samedi. 

Nous voulons être sûrs que nous ne laissons pas entrer dans notre pays les mêmes menaces que celles que nos soldats combattent à l’étranger […] Nous n’oublierons jamais les leçons du 11-Septembre 2001», a proclamé vendredi Donald Trump devant un panel de militaires.

D’abord prévues pour une durée de trois mois, ces interdictions pourront, à moins d'être définitivement annulées par la justice, être renouvelées par la suite. L’administration Trump a par ailleurs fait savoir qu’elle restreindrait l’accueil de réfugiés, toutes nationalités confondues, à 50 000 par année. A titre de comparaison, 84 994 réfugiés ont obtenu une protection des Etats-Unis en 2016, dont 10 000 Syriens fuyant la guerre. Ces derniers n’ont désormais plus aucune chance de trouver refuge aux Etats-Unis. Washington annonce aussi arrêter pendant quatre mois le programme fédéral d’admission et de réinstallation de réfugiés de pays en guerre. Un programme qui existait depuis 1980.

A lire: "Je suis fier qu'ils m'appellent Bilal" dit Benoît Hamon, le candidat à la primaire à gauche