Le candidat de la droite à l'Elysée s'entretient ce lundi dans la capitale allemande avec la chancelière Angela Merkel. Il veut la rassurer sur sa stratégie budgétaire, avec un « déficit aussi proche que possible de 3 % en 2018 ».

C'est l'offensive de François Fillon à destination de l'opinion publique allemande. Et surtout, de ses dirigeants. Ce lundi, l'ancien Premier ministre se rend à Berlin pour un entretien avec la chancelière Angela Merkel. De quoi se projeter et se poser en futur président, alors qu'Emmanuel Macron n'a pas été reçu le 10 janvier lors de sa visite dans la capitale allemande. François Fillon rencontrera ensuite le ministre des Finances, Wolfgang Schäuble, et la ministre de la Défense, Ursula von der Leyen, avant un discours à la Fondation Konrad Adenauer. Une journée préparée par Bruno Le Maire, qui s'occupe pour le candidat des relations européennes et internationales. Son message ? «  La relation franco-allemande est absolument fondamentale. Rien ne se construira en Europe sans son impulsion. Je fais donc le choix de son renforcement, dans un partenariat d'égal à égal », déclare François Fillon dans une interview au « Frankfurter Allgemeine Zeitung » et au « Monde » publiée ce lundi. Les réformes radicales qu'il veut lancer dès l'été 2017 s'il est élu - «  seule chose qui convaincra » les Allemands -, dit-il, doivent l'y aider.

M. Fillon a souligné que l'existence de l'Otan était nécessaire, mais que c'était la politique américaine qui n'avait pas fait de l'Alliance une solution efficace contre le totalitarisme islamique, mais « plutôt le problème ».

C'est pourquoi, le candidat à la présidence de la droite a proposé la conception d'une défense européenne propre.

Dans le même temps ces « nouvelles conditions de sécurité en Europe » auront besoin de la participation de Moscou, car, selon lui, les relations avec la Russie sont une matière stratégique pour l'avenir européen.

À cet égard, l'ancien premier ministre a déclaré que c'était une erreur de repousser la Russie et a proposé de refondre les relations avec le Kremlin, en révisant, notamment le partenariat bilatéral économique. Tandis que pour discuter les problèmes de sécurité européenne il a lancé l'idée d'une « conférence Europe-Russie ».

Comme exemple d'erreur grave de la politique européenne réchauffée par les ambitions de l'Otan, dirigée par les États-Unis, M. Fillon a évoqué le cas de la Syrie où l'Europe s'est mise hors-jeu, sans stratégie, et subissait des conséquences négatives du conflit.

Dans le même temps, il a indiqué la confusion « des élites occidentales » qui ne comprenaient pas que la stratégie claire russe, en fait, avait prévenu la prise par les terroristes de l'État islamique du pourvoir en Syrie.

François Fillon a remporté la victoire à la primaire de la droite et du centre de l'automne 2016. Cette victoire est considérée comme ayant marqué un tournant majeur dans la politique européenne à l'égard de la Russie.

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