Donald Trump sera investi président des Etats-Unis vendredi. Ses relations avec Vladimir Poutine, le président russe, sont compliquées. Karl Zéro 'est imaginé dans la peau du diable.

Poutine sort de son silence. Quelques jours après la polémique qui a éclaboussé Donald Trump, le président russe s’est exprimé pour la première fois publiquement sur les informations de la presse américaine concernant l’espionnage à Moscou en 2013 de Donald Trump par des agents secrets. Il a ironisé sur ces accusations d’espionnage, disant douter que le président américain fréquente les prostituées russes, pourtant « les meilleures au monde ».

Le président russe a estimé que les opposants à Donald Trump qui, selon lui ont lancé ces accusations « falsifiées », s’étaient montrés « pire que des prostituées », et que l’affaire montrait la dépravation des « élites occidentales ».

L’axe Poutine-Trump qui se dessine à grands traits me remplit de joie. Je n’aime pas les demi-mesures. Avec eux, aucune crainte à avoir, ils ne vont pas faire les choses à moitié. L’élection à la tête de la première puissance du monde d’un milliardaire inculte aux cheveux jaunes, devenu célèbre grâce à une émission de télé-réalité intitulée L'Apprenti , titre prémonitoire s’il en est, démontre que je n’ai pas perdu la main.

Ne croyez pas pour autant que je m’immisce dans la politique américaine. Je ne mise jamais sur un seul cheval. Sa méchante concurrente, harpie machiavélique au service du Veau d’or déguisée en Gandhi, m’aurait très bien allé aussi. Mais Trump, là, vous m’avez épaté ! Vous avez accéléré le mouvement !

Sa façon de communiquer à grands coups de tweets aussi intempestifs que saugrenus augure de lendemains puissamment destructeurs, auquel je ne peux qu’adhérer.

Ce Poutine est un régal

Entendre ensuite Vladimir Poutine, conducator adulé de la Grande Russie, reconstituée à coups d’invasion des territoires qu’il considère comme siens et d’exaltation patriotique du sang versé, entendre Poutine abonder dans le sens de Trump, et qualifier au passage les prostituées russes de "meilleures du monde", est un régal.

Si j’étais le diable, vous me diriez : "Tiens, voilà que tu te dévoiles, le diable ? On t’a connu plus rusé, on te croyait le Malin, celui qui pave nos routes de bonnes intentions pour nous conduire jusqu’à chez toi."  Mais réfléchissez : à quoi me servirait de continuer à avancer masqué, puisque vous m’adorez comme je suis ? Quelques rares Cassandre se dressent bien pour vous mettre en garde, mais vous n’en n’avez cure.

Comme si de rien n'était

Car le système que j’ai mis en place pour vous les faire ignorer est solide. Je suis partout, je suis l’argent, je suis le pouvoir, je suis la haine de l’autre, je suis l’esclavage et je suis en train de gagner sur tous les fronts. Votre petit univers bascule sous vos yeux et vous ne bougez pas une oreille.

Je sais depuis toujours pouvoir compter sur vous pour faire comme de rien n’était, comme si rien de ce qui vous entoure ne vous concernait. Je peux enfin être moi-même. Vous resterez toujours ces enfants grisés les jours d'orage qui dansent sous l’arbre jusqu’à ce que la foudre tombe.

A lire: Obama va quitter la Maison-Blanche sur une humiliante défaite contre Poutine