Invité de l'Emission politique sur France 2 hier soir, l'ancien Premier ministre et candidat à la primaire de la gauche, Manuel Valls, a fait acte de contrition sur de nombreux sujets - essentiellement économiques - sauf sur un : la place de l'Islam en France.

C’est Attika Trabelsi, une jeune entrepreneure diplômée de l'École Normale Supérieure, qui l’a interrogé sur ses propos sur Marianne qui a "le sein nu" et ne "porte pas le voile parce qu'elle est libre". La jeune femme qui s’est dit "musulmane et féministe", a déclaré qu’elle se sentait humiliée par ces paroles de l’ancien premier ministre. "Vous légitimez des discours qui justifient des violences à mon égard", a-t-elle ajouté.  Pour la jeune femme, se priver des femmes qui portent le voile, c'est se priver de talents."Ma vision, c'est que le voile ou le sein nu, c'est la même chose.", a lancé Attika Trabelsi.  "Ce n'est pas mon avis", lui a répondu Manuel Valls.

Ce à quoi le candidat à la primaire de la gauche rétorque : « Il y a aujourd’hui un voile porté comme un étendard politique. » Pour autant, Manuel Valls, apparemment très au fait des nuances qu’il a décelées dans le port du voile musulman, tient à faire un distingo : « Je ne confonds pas le voile des mamans, des grands-mamans, qui est un voile traditionnel, mais je m’inquiète d’une mode, qui est celle d’un voile revendiqué. »

« En tant que représentant de l’Etat, vous légitimez des discours qui engendrent des violences à mon égard », signale Attika Trabelsi. « Ayez conscience, Monsieur, que des rêves sont brisés et des talents français sont gâchés », lui lance, posée, la jeune femme, qui reproche à l’ancien chef du gouvernement l’exclusion de femmes comme elle qui ne se reconnaissent pas dans ses discours sur « LA femme ». 

Manuel Valls, qui assume le « problème de conception de la société » et de la liberté avec Attika Trabelsi, se contente de dire son inquiétude d’une « mode du voile revendiqué », porté « comme un étendard politique ». « Vous faites un choix, je le respecte mais, enfin, qu’est-ce que c’est que cette idée que le visage, les cheveux, le corps des femmes seraient impudiques ? », lâche un Manuel Valls qui se décrit « profondément féministe ». Un féminisme qui exclut visiblement les femmes voilées.

Exprimant la chance qu'a cette femme de pouvoir être dans un pays où il est possible de dialoguer, il affirme: "Et puis vous savez quand même, dans d'autres pays, je pense à la Tunisie, je pense à l'Iran, des femmes, à qui on a imposé le voile se battent précisément pour l'enlever" avant d'ajouter: "Nous avons une chance inouïe de pouvoir dialoguer dans notre pays".

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